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Vers un manque de médecins en soins palliatifs

François Cormier | TVA Nouvelles

Des docteures s’inquiètent du manque de médecins pour prodiguer des soins palliatifs de qualité à la grandeur du territoire québécois.

Alors que le nombre de décès augmente chaque année au Québec, 50% des médecins qui se consacrent à temps plein aux soins palliatifs vont prendre leur retraite d'ici cinq ans, selon les calculs de la Société québécoise des médecins de soins palliatifs.

Or, ces départs à la retraite sont comblés par l'arrivée de jeunes médecins qui n'ont pas le droit de faire des soins palliatifs à temps plein.

En raison de la loi 20 adoptée en novembre 2015, ils sont obligés de pratiquer en partie en cabinet.

«D'année en année, on va appauvrir le bassin de médecins de ces ressources à temps plein aux soins palliatifs», constate la Dre Elisa Pucella.

«Par rapport aux besoins que nous aurons dans les prochaines années, nous sommes en retard. On n'arrivera pas à suffire à la demande», déplore la Dre Marjorie Tremblay.

Les deux médecins redoutent l'effet qu'aura ce manque de médecins sur la qualité des soins.

«À domicile, on n'a pas accès à des soins palliatifs de qualité partout au Québec. EN CHSLD, il y a un exode des médecins», s'inquiète Dre Pucella.

Le ministre Barrette au fait du problème

En entrevue à TVA, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, assure qu'il est au fait du problème.

«Je me suis engagé à régler cette problématique-là avant la fin de notre mandat. Nous sommes sur le point de conclure», dit-il.

«Avec les conditions que nous mettrons en place pour les médecins intéressés à faire des soins à domicile, notamment des soins palliatifs, on va améliorer la situation grandement. Ce sera attirant pour les médecins.»

Une étude qui se fait toujours attente

Marjorie Tremblay se désole qu'il n'y ait toujours pas de portrait des soins palliatifs au Québec.

Il s'agissait pourtant de la première recommandation de la Commission Mourir dans la dignité, en 2012.

«On manque de données. Où en sommes-nous rendus? Où sont les problèmes?», s’interroge-t-elle.

«La qualité des soins palliatifs doit être exigée dans tous les établissements de santé du Québec, ce qui n'est pas le cas actuellement.»

Le ministère de la Santé affirme qu'il mesure des indicateurs lui permettant d'avoir un portrait des soins palliatifs.

Cela dit, il ne tient compte que de trois des dix indicateurs qui lui avaient été recommandés par l'Institut national de santé publique en mars 2006.

Dans les années 1970, le Québec était un précurseur des soins palliatifs.

C'est en effet 1975 à l'hôpital Royal Victoria que le premier service de soins palliatifs en Amérique du Nord a été créé.

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