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Fusillade mortelle à Toronto

«Des motivations dans la logique de sa maladie» - un psychiatre

TVA Nouvelles

Qu’est-ce qui a pu pousser Faisal Hussain à ouvrir le feu sur des inconnus à Toronto dimanche soir? D’après ses parents, le jeune suspect de 29 ans, souffrait de maladie mentale et aucun traitement n’a réussi à endiguer ses épisodes de dépression et ses psychoses. Qu’en pense un psychiatre.

La maladie du Torontois peut-elle expliquer son horrible geste? «Malheureusement oui. S’il était en psychose, qu’il n’était pas dans la réalité, s’il avait des hallucinations qui lui disaient de faire des choses, qu’il avait des délires que l’on ne peut pas comprendre, oui. C’est clair que ses motivations ne sont pas logiques. Elles sont dans la logique de la maladie. Là est toute la question du traitement et d’identifier ces gens-là», précise Gilles Chamberland, psychiatre à l’Institut Philppe-Pinel de Montréal.

Les parents du présumé tueur ont tenu à parler de leurs fils, hier, par voie de communiqué. «Les médicaments et les thérapies ne sont pas parvenus à le traiter. Malgré tous nos efforts pour l’amener à rechercher de l’aide durant sa vie de misère et de douleurs, jamais nous n’avions pu imaginer une fin aussi dévastatrice et destructrice», ont-ils écrit.

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Ce dont il souffrait était-il difficile à traiter? «Non et les gens qui souffrent de maladie mentale ne sont pas plus dangereux que n’importe qui dans la population. C’est quand ils sont en crise dans des phases aiguës de psychose qu’ils sont le plus dangereux et ils deviennent à risques (de commettre des gestes). Souvent, les patients ne reconnaissent pas le besoin de prendre leur médication. Ils vont s’intoxiquer par-dessus ou à la place de la médication», fait savoir le psychiatre Chamberland.

Malgré ses troubles mentaux importants, Faisal Hussain, a tout de même été en mesure de se procurer une arme et des munitions. Gilles Chamberland y va d’hypothèses pour expliquer comment le suspect a fait. «Il a pu avoir son arme avant que la maladie ne se déclare. Si la personne ne déclare pas elle-même qu’elle souffre d’une maladie dans le questionnaire, c’est assez facile de déjouer les mesures de contrôle. Si la personne n’a pas commis d’acte criminel, on fait simplement se fier à sa bonne foi»

Les parents de Faisal Hussain ont aussi eu pensée pour les victimes et leur famille en deuil et sous le choc.

«Nous sommes dévastés par la nouvelle incompréhensible selon laquelle notre fils est responsable de la violence et des pertes de vies insensées qui se sont produites sur l’avenue Danforth», écrit aussi la famille, qui exprime ses condoléances envers les victimes de la fusillade. «Nous pleurerons ceux qui ont perdu la vie pour le reste de nos jours.»

Le présumé tireur a fait deux morts – une femme de 18 ans et une petite fille de dix ans – ainsi que 13 blessés.

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