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Changements climatiques

«2018 va battre des records de chaleur partout dans le monde»

TVA Nouvelles

La vague de chaleur historique qui frappe actuellement tout l’hémisphère nord, du Québec au Japon en passant par l’Europe, est un rappel brutal des effets des changements climatiques sur le climat.

Un épisode de chaleur aussi répandu sur la planète est «très rare», affirme le météorologue Gilles Brien, qui souligne que des records de chaleur sont battus tous les jours dans le monde.

«Ce qui se passe en Scandinavie, c’est très rare, affirme-t-il. On voit dans des pays comme la Norvège, la Finlande et la Suède, des pays qui sont dans le cercle arctique, des températures qui dépassent les 32 °C ou 34 °C depuis le début du mois de juillet.»

Avec une température moyenne de 24,4 °C depuis le début du mois de juillet, Montréal ne fait pas exception à la tendance mondiale.

«Il faut remonter en 1921, soit 97 ans dans le passé, pour retrouver une telle chaleur, explique le météorologue. En Europe, c’est aussi exceptionnel, parce que dans les régions du nord, on a des températures qui dépassent de 15 °C les valeurs normales.»

«2018 va battre des records de chaleur partout dans le monde», conclut-il.

Changements climatiques

Chaque nouvelle canicule – particulièrement de cette ampleur – ramène à l’avant-plan la question de la lutte aux changements climatiques. Pour M. Brien, il ne fait aucun doute qu’une corrélation existe entre l’épisode actuel et l’émission de gaz à effet de serre.

«Ce que suggèrent les scénarios des changements climatiques, c’est l’accroissement des périodes de chaleur, des canicules. Et c’est exactement ce que l’on connaît depuis deux ans», explique-t-il.

Simplement à Montréal, le mois de juillet a donné lieu à des épisodes de chaleur plus longs et plus intenses que ce qui était la norme.

«On n’a presque pas de références dans le temps. Généralement, une vague de chaleur dure trois jours avec des températures de 30 °C. Cette année, au Québec, on a eu des canicules de huit jours, suivies d’une deuxième et d’une troisième canicule.»

Le météorologue spécifie que les systèmes de haute pression et de dépression ont une amplitude et une intensité beaucoup plus grande qu’avant.

«On peut dire que 25 % de ce qu’on voit actuellement peut être lié à la variabilité du climat, mais 75 % est probablement — et même sûrement – relié aux émissions de gaz à effet de serre. C’est une certitude.»

Un hiver plus doux

Depuis quelques semaines, les météorologues étudient les pronostics du courant côtier saisonnier El Nino. Celui-ci laisse croire qu’après un hiver rude et glacial, les Québécois auront droit cette année à une saison hivernale plus douce, à l’image des prochains mois d’ailleurs.

«Le mois d’août s’annonce au-dessus des moyennes saisonnières, septembre et octobre s’annoncent du même genre. Ça pourrait être annonciateur d’un hiver plus doux», note-t-il.

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