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Les détenus ont droit à une diète religieuse, mais pas les gardiens

Pascal Dugas Bourdon | Journal de Montréal

Un agent correctionnel de Sorel-Tracy s’est vu refuser le droit à une diète halal, même si les détenus des centres de détention québécois y ont droit.

Dans une correspondance dont l’Agence QMI a obtenu copie, on peut lire qu’un agent de la paix de confession musulmane a demandé d’obtenir, en mars dernier, de la nourriture halal de son employeur, qui fournit le repas.

« J’ai consulté vos conditions de travail et je n’ai rien trouvé qui prévoit une telle demande », lui répond un directeur de l’établissement carcéral de Sorel-Tracy, par courriel, 10 jours plus tard.

Pourtant, les détenus des établissements de détention au Québec ont droit à des repas halal s’ils sont musulmans.

Pour l’année 2017-2018 seulement, quelque 90 000 repas halal ont été servis à ces détenus dans les prisons québécoises.

Dans son refus, le directeur au dossier a proposé d’offrir à l’employé musulman « une canne [sic] de thon sur demande [afin qu’il puisse obtenir] une portion de protéines ».

Il lui a également rappelé qu’un repas sur deux offert aux employés ne contenait pas de porc, et qu’un bar à salade était également accessible.

L’employé a proposé qu’on lui remette en argent l’équivalent de la valeur d’un repas fourni, ce que la direction a également refusé de faire. Insatisfait de cette réponse, l’agent correctionnel, dont le nom est caviardé, a déposé un grief.

Alternatives

Selon le ministère de la Sécurité publique, ce refus d’accorder une diète halal est justifié, parce que l’employé dispose d’autres possibilités de repas.

« De plus, les employés peuvent toujours apporter ou compléter leurs repas avec de la nourriture provenant de leur domicile », a indiqué Louise Quintin, porte-parole pour le ministère de la Sécurité publique.

Du côté syndical, on s’est abstenu de commenter, car le dossier est toujours actif. « On ne voudrait pas se nuire », a expliqué Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, par téléphone.

Il croit cependant que ce type de demande par un agent de la paix est plutôt rare.

« Je n’ai jamais eu de cas précis qui est parvenu jusqu’à mon bureau, mis à part celui que vous avez mentionné », a-t-il dit.

– Avec la collaboration de Marie Christine Trottier