/news/currentevents

Elle fuyait son ancien copain depuis de nombreux mois

Axel Marchand-Lamothe | Agence QMI

La jeune femme qui aurait été tuée par son ancien ami de cœur dimanche à Saint-Isidore, en Montérégie, tentait de le fuir depuis plusieurs mois pour mettre un terme définitif à une relation malsaine.

«Elle avait été un bout sans lui parler. Elle le repoussait depuis des mois. Il ne l’a jamais lâchée. Ça lui a coûté sa vie», confie Stéphanie Robinson-Hogue, une amie de Kim Racine, 24 ans.

À LIRE ÉGALEMENT

Meurtre d'une jeune femme de 24 ans à Saint-Isidore

La victime du meurtre dans une relation toxique, selon son père

Il y a environ quatre mois, elle avait trouvé refuge chez un ami dans le rang Simon, à Saint-Isidore, où elle a été retrouvée en arrêt cardio-respiratoire dimanche vers 19 h.

«Elle voulait s’éloigner de cette relation toxique. Elle disait qu’elle voulait partir pour respirer», soutient Isabelle Lavoie, une autre bonne amie de la victime.

Eugène Morin

Cachée

Mme Lavoie avait hébergé la jeune femme pendant un certain temps avant qu’elle ne s’établisse à cet endroit, dans la plus grande discrétion. Elle-même a été un certain temps sans savoir que la jeune femme résidait dans la petite municipalité de la Montérégie.

Le corps inerte de Kim Racine a été transporté à l’hôpital où son décès a été constaté. La Sûreté du Québec a pris le relais de l’enquête durant la nuit.

Eugène Morin, 36 ans, a été formellement accusé lundi au palais de justice de Valleyfield de meurtre non prémédité.

Selon nos sources, le décès de la jeune femme serait dû «à de multiples blessures».

Il a été impossible de savoir si une arme avait été impliquée.

«Je ne comprends pas qu’il ait pu se pointer là», ajoute Mme Robinson-Hogue.

Un criminel

Tous ses proches sont formels, Kim Racine tentait par tous les moyens de se sortir de la violence physique et psychologique qu’elle subissait depuis environ deux ans.

«Elle essayait de s’éloigner de lui. C’était un beau parleur, un manipulateur. Il y avait souvent des ruptures», poursuit son père Éric Racine.

Certains n’étaient pas au courant du passé criminel de Morin, condamné pour trafic de stupéfiants en 2016.

Des disputes auraient déjà éclaté entre les deux en raison des nombreux manquements aux conditions de probation de l’accusé, toujours domicilié à une maison de transition montréalaise.

Kim Racine a alterné les emplois et avait notamment été coiffeuse au salon de son amie Isabelle Lavoie. Elle travaillait maintenant dans l’entreprise de paysagement de l’ami qui l’hébergeait.

«Boule d’énergie»

La jeune femme est décrite comme une «boule d’énergie» et passait souvent outre ses problèmes personnels, dont le décès de sa mère l’an dernier, pour aider son entourage.

«Elle devait sentir le risque de violence extrême. Quand les femmes ont peur, elles ont raison. Il faut tenir compte que ça pourrait arriver [à un meurtre]», estime Claudine Thibaudeau, de SOS violence conjugale.

L’organisme provincial offre d’ailleurs une ligne d’urgence pour les femmes violentées, disponible en tout temps au 1 800 363-9010.

Pour M. Racine, qui habite à Halifax, le meurtre de sa fille doit servir d’appel à la vigilance pour éviter qu’un autre drame de ce genre ne survienne.

«On lui avait dit de sortir de cela et elle voulait le faire ; elle avait sacré son camp. Elle ne méritait pas cela», se désole Mme Lavoie.

Dans la même catégorie