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La distraction au volant supplante l’alcool dans les accidents mortels

Maxime Deland | Agence QMI

STOCKQMI - SÛRETÉ DU QUÉBEC

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

La distraction au volant, particulièrement l’utilisation du cellulaire, a supplanté l’alcool comme deuxième cause des accidents de la route mortels sur le territoire de la Sûreté du Québec (SQ), qui a recensé 16 décès dans la province durant les deux semaines de vacances de la construction.

Lors de la même période l’année dernière, 22 personnes avaient perdu la vie dans des collisions routières, alors que la moyenne des cinq dernières années s’élève à 14.

Bien que plusieurs enquêtes sont toujours en cours, la SQ est en mesure de confirmer que cette année encore, la majorité des accidents mortels ont été causés par la vitesse excessive.

Signe que l’attention des automobilistes est de plus en plus réduite, la distraction est devenue la deuxième principale cause des accidents mortels survenus durant les vacances de la construction, reléguant la conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool au troisième rang.

«L’alcool a longtemps été la deuxième cause, mais c’est maintenant la distraction. Une distraction, ça peut être plusieurs choses, mais il y a un très fort pourcentage où il est question du cellulaire au volant», a affirmé le capitaine Paul Leduc, responsable de la sécurité routière à la SQ.

M. Leduc constate avec dépit que malgré les sanctions plus sévères et les publicités répétées de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), un grand nombre d’automobilistes continuent d’utiliser leur téléphone cellulaire en conduisant.

Situation décourageante

«Des fois, je sens que je suis à bout de moyens pour faire passer le message, a-t-il laissé tomber en entrevue téléphonique. Les amendes sont plus salées, le nombre de points d’inaptitude est plus grand, les publicités sur le sujet sont nombreuses, mais malgré tout, je vois au minimum un conducteur par jour en train d’utiliser son téléphone.»

Paul Leduc se souvient de l’époque où il patrouillait en Gaspésie au début de sa carrière de policier, il y a une vingtaine d’années. «Lorsqu’on voyait un véhicule louvoyer, ralentir, puis accélérer, puis freiner à nouveau, on savait qu’on avait affaire à un conducteur en état d’ébriété. Mais aujourd’hui, cette conduite erratique est souvent l’œuvre de gens qui sont en train de texter au volant. C’est très préoccupant comme situation», a-t-il déploré.

Le responsable de la sécurité routière à la SQ croit qu’il faudra un changement draconien des comportements pour parvenir à enrayer le fléau du cellulaire au volant.

«Si on prend l’exemple de la ceinture de sécurité, c’est devenu une habitude pour tout le monde, alors qu’il n’y a pas si longtemps, plusieurs personnes ne s’attachaient pas lorsqu’ils étaient en auto», a-t-il dit.

Par ailleurs, les policiers de la Sûreté du Québec ont remis pas moins de 16 000 constats d’infraction durant les deux semaines de vacances de la construction, dont 10 000 pour vitesse excessive.