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Ordre des ingénieurs

Amendes record pour les frères Sauriol

Christopher Nardi | Journal de Montréal

Rosaire Sauriol

PHOTO CAPTURE D'ÉCRAN TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Les frères Rosaire et Jean-Pierre Sauriol devront finalement payer des amendes record de 100 000$ et 50 000$ respectivement à leur ordre professionnel pour leur rôle dans la collusion à Montréal, Laval et Longueuil.

Dans deux jugements publiés en catimini le 23 juillet dernier sur le site web de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), le Conseil de discipline déclare qu’autant Rosaire que Jean-Pierre «a manqué à ses obligations d’intégrité et a toléré que la firme dont il est l’un des plus hauts dirigeants participe à un système malhonnête d’octroi de contrats».

Indigne

«Il s’agit d’un comportement indigne», ajoutent les trois membres du conseil.

Les deux hommes avaient plaidé coupables en novembre 2017 aux chefs d’accusation d’avoir versé des pots-de-vin en échange de contrats et, dans le cas de Rosaire, d’avoir aussi toléré un système de collusion dans l’entreprise.

Durant l’audience disciplinaire, leur avocat et la procureure avaient annoncé une recommandation de sentence commune d’amendes totalisant 100 000 $ pour Rosaire, et 50 000 $ pour Jean-Pierre.

Jean-Pierre Sauriol

Archives, Journal de Montréal

À ce moment, le syndic de l’OIQ avait déclaré que les deux hommes avaient «joué un rôle prépondérant dans des systèmes de partage des contrats implantés dans les années 2000 à Montréal, Laval et Longueuil».

«Les amendes [...] sont les plus élevées à avoir été imposées à ce jour par le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Elles sont également parmi les plus élevées à avoir été imposées au sein du système professionnel», note un porte-parole de l’OIQ, Patrick Leblanc.

​Or, quelques mois plus tard, MM. Sauriol avaient porté en appel cette décision, car ils contestaient le montant des amendes que voulait leur imposer le Conseil de discipline.

Ils se sont toutefois désistés de leur appel le 20 juillet, ce qui a permis au Conseil de discipline de l’OIQ de rendre sa décision finale.

Pas radiés

«Rappelons que nos clients n’ont pas été radiés, ce qui est considéré comme la peine la plus lourde (ou la peine capitale) que peut imposer un Conseil de discipline.

Ces amendes sont d’ailleurs conséquentes avec la majoration des amendes suite à la modification du Code des professions il y a un an», a souligné par courriel l’avocat des frères Sauriol, Pierre Éloi Talbot.

Toutefois, les deux ex-entrepreneurs, qui ne sont plus inscrits comme ingénieurs depuis 2013, se sont engagés à renoncer « de façon permanente et irrévocable » à leur titre d’ingénieur.

Quatre ans de déboires

Mars 2013 :

Rosaire Sauriol, VP Amérique latine de la compagnie, avoue que Dessau a participé à la fin des années 90 et dans les années 2000 à des systèmes de partage des contrats à Montréal, Longueuil, Laval et Saint-Jérôme notamment. Rosaire Sauriol reconnaît également que l’entreprise a fait de la fausse facturation à hauteur de 2 millions $ pour verser des sommes en argent comptant à plusieurs partis, dont le Parti libéral du Québec et le PQ.

25 mars 2013 :

Rosaire Sauriol démissionne.

9 mai 2013 :

Arrestation de 37 personnes, dont Rosaire Sauriol, par l’UPAC dans le cadre de l’opération Honorer contre la corruption à Laval.

12 juin 2013 :

Jean-Pierre Sauriol démissionne.

20 septembre 2017 :

Rosaire Sauriol écope d’une amende de 200 000 $ dans le cadre de l’enquête liée au système de collusion et de corruption à Laval. Il est le seul des 24 accusés ayant plaidé coupables à échapper à la prison.

14 novembre 2017 :

L’Ordre des ingénieurs impose une amende de 1000 $ minimum à 29 ingénieurs de Dessau pour avoir servi de prête-noms afin de financer illégalement des partis politiques.