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Première convention collective

Tim Hortons abolit les pauses café à Sept-Îles

Mathieu Morasse | Journal de Québec 

Le Tim Hortons du boulevard Laure à Sept-Îles, un des quatre restaurants touchés.

Mathieu Morasse

Le Tim Hortons du boulevard Laure à Sept-Îles, un des quatre restaurants touchés.

Tim Hortons a aboli les pauses café de ses employés de Sept-Îles nouvellement syndiqués et a arrêté de leur payer leurs pauses repas. Le syndicat des Métallos accuse l’employeur d’être de mauvaise foi et de nuire aux relations de travail.

Ce changement fait suite à la première convention collective imposée par un arbitre dans les quatre restaurants de Sept-Îles, le 26 juillet dernier.

Nicolas Lapierre, coordonnateur des Métallos pour la Côte-Nord, condamne l’attitude de Tim Hortons.

«Ça, c’est mesquin. Ça, c’est de mauvaise foi. Ça, c’est inacceptable», tempête-t-il.

Il ne voit aucune raison logique derrière cette décision puisque l’employeur vivait très bien avec ces mesures avant le début de la convention collective.

«C’est clairement pour envoyer un message. C’est la suite logique de toutes ces manœuvres-là pour empêcher la syndicalisation, pour étirer le processus d’arbitrage», s’indigne-t-il.

Le directeur général des quatre Tim Hortons de Sept-Îles, Wayne Malouin, a refusé de confirmer l’existence de pauses café avant la convention collective.

«Le seul commentaire qu’on peut dire pour l’instant, c’est qu’on s’en tient à la convention qui nous a été imposée par un arbitre. Et ce qui n’est pas couvert dans cette convention-là, on s’en remet aux normes du travail», dit-il.

Difficultés de recrutement

Nicolas Lapierre confirme la légalité de la manœuvre de l’employeur. Les traditionnelles pauses café de 10-15 minutes du matin et de l’après-midi ne sont pas prévues à la Loi sur les normes du travail.

«Pour l’instant on ne peut rien faire parce que la convention n’en prévoit pas de pause, à part dénoncer ça et inviter fortement l’employeur à se corriger.»

Il estime néanmoins que cette façon de faire nuit aux relations publiques, aux relations de travail et aux efforts d’embauche et de rétention de main-d’œuvre.

«Les Tim Hortons se sont plaints en arbitrage qu’ils ont de la misère à avoir du monde. Ça fâche tout le monde», fustige-t-il.

La fin des pauses repas payées signifie aussi que les employés reçoivent 2 h 30 de salaire de moins par semaine.

La présente convention collective est en vigueur pour une durée de 18 mois. Le service des relations médias de Tim Hortons n’a pas répondu aux messages du Journal.

 

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