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Entreprise de cryptomonnaie

Un administrateur d’Hydro prend ses distances d'une entreprise

Alexandre Robillard | Agence QMI 

La photo de François Lafortune et le texte décrivant son parcours professionnel ont été retirés de la page qui présente l’équipe d’EOS Canada.

Courtoisie

La photo de François Lafortune et le texte décrivant son parcours professionnel ont été retirés de la page qui présente l’équipe d’EOS Canada.

Un administrateur d’Hydro-Québec prend ses distances d’une entreprise de cryptomonnaie controversée qui le présentait jusqu’à tout récemment comme un membre de son équipe.

Cette décision a été prise à la suite d’un reportage de notre Bureau d’enquête exposant les liens de François Lafortune avec EOS Canada, une entreprise qu’il se vantait jusqu’à tout récemment d’avoir cofondée.

Dans une déclaration écrite qui nous a été transmise, M. Lafortune a tenu à dissiper le flou entourant son niveau d’implication dans ce projet de cryptomonnaie, auquel il est associé par l’intermédiaire d’un investissement de Diagram, l’entreprise qu’il dirige.

Devise virtuelle

«Compte tenu de l’investissement de Diagram au sein de EOS Canada, ma photo se trouvait sur le site web [de EOS]. Cependant, celle-ci a été retirée afin d’éviter toute confusion concernant la nature de mon rôle.»

Notre Bureau d’enquête a révélé fin juillet les liens de M. Lafortune, qui est administrateur d’Hydro-Québec depuis un an, avec EOS Canada, dépositaire au pays de la cryptomonnaie EOS.

Cette devise virtuelle a connu des débuts chaotiques lors de son lancement en juin dernier. Des comptes ont notamment dû être fermés parce qu’il y avait d’importants risques de fraude.

La cryptomonnaie EOS est développée par Block.one, une firme établie dans le paradis fiscal des îles Caïmans, et dirigée par un Américain installé à Hong Kong.

Ce type de cryptomonnaie a fait l’objet de plusieurs mises en garde de l’Autorité des marchés financiers depuis un an.

Investisseur

M. Lafortune a assuré qu’il n’a «jamais participé aux opérations courantes de EOS Canada», dont il dit n’être ni «employé» ni «dirigeant».

L’homme d’affaires a cependant reconnu un manque de clarté concernant des employés qui ont quitté son entreprise, Diagram, pour lancer EOS Canada, au printemps.

Selon M. Lafortune, il a pu «y avoir un délai de quelques semaines» pour la mise à jour des renseignements sur leur employeur réel sur «le site web de Diagram ou la plateforme Linkedin».

Par ailleurs, il nie toute «affiliation» avec Block.one et déclare n’avoir «jamais fait la promotion de l’achat ou la vente de cryptomonnaie».

Concernant les risques de conflits d’intérêts avec son rôle auprès d’Hydro-Québec, M. Lafortune assure qu’il a prévu de se retirer de toute réunion du conseil d’administration où il serait question de cryptomonnaie ou blockchain.

Depuis le début de nos reportages à son sujet, M. Lafortune a refusé toutes nos demandes d’entrevue.

Un rôle consultatif auprès de l’AMF

En plus de ses fonctions d’administrateur à Hydro-Québec, François Lafortune conseille l’Autorité des marchés financiers (AMF) depuis 2016.

Il est membre de son Comité consultatif sur l’innovation technologique, a confirmé un porte-parole de l’AMF.

Le directeur Fintech et innovation de l’AMF, Moad Fahmi, a pourtant fait le lien avec EOS concernant les difficultés à comprendre le fonctionnement du secteur des cryptomonnaies.

«EOS, moi, j’ai beau lire et essayer de comprendre, mais je ne comprends pas tous les détails [...], donc j’imagine que pour un investisseur moins sophistiqué, je ne suis pas certain qu’il peut comprendre. Ça peut être préoccupant», a-t-il reconnu dans notre premier reportage sur M. Lafortune.

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