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«Produits de la criminalité»

Sa luxueuse maison de Terrebonne bloquée par la justice

Jean-Louis Fortin | Le Journal de Montréal

L’étau se resserre contre l’ex-chef de cabinet du maire de Terrebonne, déjà accusé de corruption. La Couronne vient d’obtenir une ordonnance qui l’empêche de vendre sa luxueuse maison dont il aurait reçu les plans gratuitement en guise de pot-de-vin.

Le 2 août, le juge Yanick Laramée, de la Cour du Québec, a prononcé une «ordonnance de blocage de produits de la criminalité» qui concerne la résidence de Daniel Bélec, à Terrebonne.

Bélec, un ancien maire de La Plaine, a été le chef de cabinet de l’ex-maire Jean-Marc Robitaille à partir de 2001.

Daniel Bélec, accusé

 

Les deux hommes ont été arrêtés en mars dernier et accusés d’abus de confiance et de corruption, à la suite d’une longue enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Selon la poursuite, ils auraient été au cœur d’un stratagème qui leur aurait permis de s’enrichir de plusieurs dizaines de milliers de dollars, remis par des entrepreneurs qui décrochaient des contrats municipaux.

Interdit de vendre

En vertu de la décision du juge, Bélec et sa conjointe, l’ex-conseillère municipale Marie-Claude Lamarche, ne peuvent vendre leur maison ou la louer à quelqu’un d’autre.

Ce genre d’ordonnance est généralement rendu lorsque la Couronne envisage de confisquer la résidence si l’accusé est reconnu coupable.

La maison du couple Bélec-Lamarche a été construite en 2001. L’une des particularités est une immense entrée de garage en pavé uni, si large qu’elle peut loger une dizaine de véhicules.

Selon des affidavits que notre Bureau d’enquête a consultés, l’entrepreneur en construction résidentielle, François Barnabé, a affirmé à l’UPAC avoir fourni gratuitement les plans pour la résidence, ainsi que certaines modifications.

C’est le maire Jean-Marc Robitaille qui lui aurait passé cette commande, en lui demandant d’aider «un bon ami qui veut s’autoconstruire»

Les enquêteurs ont estimé que la valeur du travail d’architecture reçu gratuitement est d’environ 1500$.

Argent comptant

Des témoins ont affirmé à l’UPAC qu’ils remettaient directement à Daniel Bélec des enveloppes totalisant des dizaines de milliers de dollars en argent comptant.

L’UPAC affirme aussi que messieurs Bélec et Robitaille ont participé à de nombreuses reprises à de luxueux voyages de pêche sur le bras d’entrepreneurs.

L’ex-directeur général de la Ville, Luc Papillon, a également été arrêté dans le cadre de cette enquête baptisée Médiator. L’entrepreneur Normand Trudel et l’ingénieur Jean Leroux ont également été accusés en mars. Ce dernier est décédé depuis.

 

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