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Mont-Royal

Des adeptes de culture gothique réunis pour pique-niquer

Camille Garnier | Journal de Montréal

Camille Garnier, Journal de Montréal

Plus habitués à se rencontrer la nuit, une centaine de gothiques ont pris le soleil samedi lors d’un pique-nique sur le Mont-Royal pour socialiser et lutter contre les clichés qui entourent cette culture.

« Je vous rassure, on ne mange pas que du pain noir » s’amusait samedi Gaël « Goth », l’organisateur de cet évènement qui en est à sa quatrième édition annuelle.

Il est vrai que la centaine de personnes appartenant à la culture gothique et venue pique-niquer en dentelle noire et maquillage sombre tranchait samedi après-midi avec le reste des promeneurs sur le Mont-Royal.

Ouverts

« Cela nous change des concerts ou des soirées. Ici, on peut prendre le temps de parler et jouer ensemble, expliquait Gaël, qui est designer graphique dans une entreprise de création de sites web. C’est aussi l’occasion de montrer aux gens qui ne connaissent pas les gothiques que nous sommes comme tout le monde. »

Le pique-nique possédait tout de même quelques particularités propres à ce mouvement culturel qui a succédé au punk au début des années 80 et qui se démarque par une imagerie sombre.

Les participants se sont ainsi réunis autour d’un cercueil rempli de jeux de plein air, comme des raquettes ou des disques volants.

« C’est la première fois que j’emmène mes filles à un évènement de ce type, expliquait Isabelle Laberge, une préposée aux bénéficiaires d’une trentaine d’années. La mère de famille est gothique depuis l’adolescence.

Je ne veux pas leur imposer cette culture, mais juste leur permettre de la découvrir », souligne-t-elle.

Dans leurs élégantes robes noires, les filles de Mme Laberge, âgées de 12 et 11 ans, semblaient ravies d’avoir fait le déplacement.

Stigmatisés

« Je ne suis pas gothique, mais je trouve ça le fun de rencontrer des gens comme ma mère, expliquait Clara Laberge, l’aînée. On a parlé de dessin, de jeux vidéo, de toutes sortes de choses. »

La jeune fille regrette toutefois que les gothiques soient souvent stigmatisés pour leur apparence.

« Dans la rue, les gens nous ont regardés, indique-t-elle. Je trouve ça un peu idiot d’avoir un jugement alors que les gothiques sont des personnes normales. »