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Procès Monsanto

Un «jugement historique» pour le gouvernement français

Agence France-Presse

Le gouvernement français s'est félicité samedi de la lourde condamnation du géant agrochimique américain Monsanto aux États-Unis, pour ne pas avoir informé de la dangerosité du Roundup, un herbicide qui contient du glyphosate.

La secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique, Brune Poirson, a salué un «jugement historique» qui «confirme la décision pionnière d'Emmanuel Macron : interdire le glyphosate dans trois ans».

Soulignant que la France était le «chef de file dans la mobilisation en Europe contre le glyphosate, mais aussi contre les insecticides tueurs d'abeilles», elle a affirmé sur Twitter que le gouvernement s'était «battu pour construire une coalition d'États européens contre le glyphosate pour 10 ans».

«Nous avons pris une première décision en France, mais ce ne doit être que le début d'une guerre que nous devons mener tous ensemble pour réduire massivement les molécules les plus dangereuses», a affirmé Nicolas Hulot samedi à la chaîne de télévision BFMTV, appelant Européens et Américains à prendre «des décisions aussi rapides et déterminées» que la France contre ces produits

Le ministre a également lancé un appel aux sénateurs qui viennent d'enlever une disposition du projet de loi agriculture et alimentation qui prévoyait de séparer la vente et le conseil en matière d'insecticides et de pesticides.

«Qu'ils comprennent bien une bonne fois pour toutes qu'une entreprise comme Monsanto n'a en aucun cas comme volonté le bien-être de l'humanité, mais simplement le bien-être de ses actionnaires», a-t-il ajouté.

Qualifiant l'affaire Monsanto de «cas d'école du principe de précaution», Nicolas Hulot a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'un combat contre les agriculteurs maisaus contraire pour les protéger.

Le jury d'un tribunal de San Francisco a condamné Monsanto à verser près de 290 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson. Ce jardinier américain de 46 ans considérait que les produits de Monsanto qu'il avait vaporisés pendant des années avaient entraîné son cancer et que la multinationale avait sciemment caché leur dangerosité.

Cette décision a également réjoui les associations françaises de défense de l'environnement, le parti Europe-Ecologie-Les Verts et les syndicats agricoles adversaires du glyphosate.

«Ce jugement, c'est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu -et donc des paysans et des paysannes-, et puis par ricochet aussi de ceux qui consomment les produits», a dit à l'AFP le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel.

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