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Baie de Seattle

Un mécanicien «suicidaire» vole un avion vide et s'écrase

Agence France-Presse

Un bagigiste «suicidaire» de 29 ans a volé un bimoteur vide vendredi soir à l'aéroport de Seattle, dans le nord-ouest des États-Unis, et effectué quelques figures acrobatiques sous l'oeil vigilant de deux F-15 militaires avant de s'écraser dans la baie de Seattle.

La police locale a rapidement écarté tout caractère «terroriste» de l'incident et assuré que ce mécanicien de la compagnie Alaska Airlines avait des tendances suicidaires et avait agi seul.

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Les circonstances dans lesquelles le jeune homme a réussi à faire décoller l'appareil - un bimoteur à hélices Bombardier Q400 d'une capacité de 90 places maximum - n'ont pas été détaillées par les autorités de l'aéroport de Seattle-Tacoma, situé à quelques kilomètres au sud de la grande métropole de l'Etat de Washington.

Une vidéo amateur circulant sur les réseaux sociaux montre l'appareil effectuer un lent tonneau sur lui-même, puis un looping qui s'achève au ras de l'eau avant de se redresser. Le tout sous la surveillance étroite de deux F-15 militaires.

La vidéo ne montre pas en revanche l’écrasement de l'avion dans un bois de l'île de Ketron, dans la baie de Seattle, qui, selon les autorités, n'a pas fait de victime.

John Waldron, qui a tourné la vidéo, a expliqué à la chaîne CNN qu'il se promenait sur l'île de Ketron lorsqu'il a vu les deux jets militaires escorter le bimoteur : «j'ai commencé à filmer, parce que c'était assez bizarre».

Après avoir pensé qu'il s'agissait d'un vol d'entrainement, le cinéaste amateur a compris que les deux F-15 s'efforçaient de contrôler le bimoteur, qui s'est lancé dans un looping.

«C'est incroyable qu'il ait pu redresser l'appareil», s'est étonné John Waldron qui juge qu'au plus bas l'avion s'est retrouvé à «pas plus de 30 mètres de la surface de l'eau», avant de se redresser.

L'avion s'est ensuite dirigé vers l'île de Ketron où John Waldron a couru se mettre à couvert et stoppé de filmer.

«Quand je me suis retourné, j'ai vu un éclair de lumière, puis la fumée et j'ai pensé "oh mon dieu, je crois qu'il vient de s'écraser"», a expliqué John Waldron.

CNN a également diffusé un enregistrement de la conversation d'une vingtaine de minutes entre la tour de contrôle et le pilote, qui se montre extrêmement calme.

«Bravo, vous avez réussi», lance la tour de contrôle au pilote, «maintenant demi-tour et on atterrit, en essayant de ne blesser personne».

«Je ne sais pas, mec», répond le pilote : «Je ne veux pas, j'espérais qu'on en finirait là».

À l'aéroport de Seattle-Tacoma, les autorités avaient dans un premier temps signalé qu'un employé d'une compagnie aérienne avait procédé à un «décollage non autorisé» à bord d'un avion vide avant de s'écraser en quittant l'aéroport.

La direction de Sea-Tac Airport avait alors souligné que les opérations avaient aussitôt repris normalement à l'aéroport. L'avion appartenait à la compagnie Horizon Air, filiale d'Alaska Airline, avait précisé Sea-Tac Airport.

L'avion volé avait aussitôt été pris en chasse par deux F-15 de l'armée de l'air américaine venus de la base aérienne de Portland, dans l'État voisin d'Oregon. Les F-15 ont encadré l'avion, mais ne sont pas intervenus dans l'accident, ont indiqué les services de police locaux.

«Quand je me suis retourné, j'ai vu un éclair de lumière, puis la fumée et j'ai pensé +oh mon Dieu, je crois qu'il vient de s'écraser+», a expliqué John Waldron.

Un enregistrement audio entre le pilote, identifié comme «Rich» ou «Richard», et la tour de contrôle brossent un portrait complexe du jeune homme, tour à tour surexcité, confus, calme et honnête.

Il dit d'abord avoir mis assez de carburant «pour aller voir les montagnes Olympiques», situées dans l'État de Washington près de la frontière canadienne, avant de s'inquiéter du fait que le carburant ait été consommé «plus vite que je ne pensais».

La tour de contrôle a tenté de le convaincre avec ménagement d'atterrir sur une base militaire voisine.

«Félicitations, vous avez réussi», lui dit la tour. Avant de l'inviter à se poser: «On tourne en l'air et on le pose sans faire de mal à personne au sol».

«Je n'aimerais pas faire cela. Ils ont probablement de la DCA», leur a répondu Richard Russel, ajoutant: «C'est probablement une affaire de prison à vie, hein ?»

Il se confie ensuite: «Il y a beaucoup de gens qui se soucient de moi. Ça va les décevoir de savoir que j'ai fait ça. Je voudrais m'excuser auprès de chacun d'eux. (Je suis) juste un mec brisé, j'ai quelques boulons mal vissés, j'imagine. Je ne l'avais jamais vraiment su, jusqu'à maintenant».

«C'était un gars tranquille. Il semble qu'il était bien apprécié de ses collègues», a déclaré un ancien superviseur, Rick Christenson, cité par le Seattle Times.

Outre ses aptitudes de pilote, se pose également la question de savoir comment l'homme a pu décoller d'une des trois pistes du neuvième aéroport le plus fréquenté des États-Unis, sans autorisation de la tour de contrôle.

L'avion avait aussitôt été pris en chasse par deux F-15 venus de la base de Portland, dans l'État voisin d'Oregon, qui ne sont pas intervenus dans l'accident, selon la police locale.

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