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Québec 2018

Les annonces vont se poursuivre d'ici le déclenchement des élections

Charles Lecavalier | Journal de Québec

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Philippe Couillard continuera d’annoncer des décisions gouvernementales «jusqu’à la dernière heure du dernier jour» avant le déclenchement de la campagne électorale, même si cela pourrait l’avantager.

«Je gouverne jusqu’à la dernière heure du dernier jour et je vais prendre des décisions jusqu’à la dernière heure du dernier jour et j’ai pris de bonnes décisions avec mon équipe», a lancé le premier ministre dimanche lors d’une mêlée de presse en marge 42e Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada.

Récemment, M. Couillard a annoncé la construction d’un pont ferroviaire «essentiel au développement du nord du lac St-Jean» ainsi qu’une meilleure couverture cellulaire pour les régions.

Est-ce prudent de faire de telles annonces à la veille du déclenchement des élections, le 23 août prochain ? «Si je prends le pont, c’est près de quatre années de travail de négociation. Pense-t-on sérieusement que parce que des élections arrivent, on va balayer quatre ans de négociation et tout simplement mettre le projet de côté ? Bien non», a-t-il laissé tomber.

Il a également affirmé qu’il n’a pas l’intention d’avoir un ton négatif durant la campagne électorale de 39 jours, mais qu’il ne se retiendra pas pour signaler l’incohérence de ses adversaires politiques.

«Définissons les termes. Insulter quelqu’un sur sa vie personnelle, son caractère, ou sa personnalité, pour moi il n’y a pas de place pour ça dans l’action politique. Mais ce n’est pas vrai qu’il n’y a pas de place pour du débat», a-t-il indiqué.

«M. Legault va critiquer certaines de nos politiques ? Est-ce que je peux moi aussi peut-être, des fois, critiquer certaines de ses positions, surtout lorsqu’il y a du manque de cohérence», a-t-il raillé.

«Sur la personnalité des gens, sur leur vie privée, je n’ai jamais été là et je ne serai pas là. Mais de pointer une absence de cohérence, c’est nécessaire et légitime», a dit M. Couillard.

Le chef du Parti libéral a également indiqué qu’il n’avait pas peur de l’aura «économique» de François Legault. «L’économie du Québec ne s’est jamais mieux portée que ce qu’on a vu depuis 2014. M. Legault était en Mauricie ce matin. Il doit savoir que le taux de chômage était de 9 %, il est de moins de 5 % aujourd’hui», a-t-il affirmé.

Appropriation culturelle

M. Couillard est aussi revenu sur la question de l’appropriation culturelle, un concept qui a fait les manchettes cet été avec les critiques qui ont été faites contre deux spectacles annulés de Robert Lepage, SLAV et Kanata.

Il dit comprendre les gens des «premières nations et des personnes de race noire lorsqu’ils voient leur histoire racontée par d’autres personnes». «Je comprends ça et il faut entendre et accepter ça», a-t-il ajouté.

D’autre part, il croit que la production culturelle appartient à l’humanité, et pas à une seule culture. «Il y a des musiciens rock qui ne sont pas des Noirs qui ont eu beaucoup de succès. Devrait-on dire qu’ils n’avaient pas le droit de jouer cette musique inspirée par le blues ou le jazz américain ? Ça ne semble pas tenir la route», a-t-il dit.

Il a aussi critiqué les médias québécois, qu’il croit trop homogènes. «Si je regarde les médias actuels, il y a des efforts qui se font, mais il y a également du travail à faire pour que la diversité de notre société soit visible», a-t-il lancé.

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