/regional/montreal/montreal

La partie abandonnée de l’îlot Voyageur intéresse Montréal

Étienne Paré | Agence QMI

 - Agence QMI

La portion abandonnée de l’îlot Voyageur, qui fait partie d’un fiasco immobilier qui a coûté 300 millions $ à Québec, est en voie d’être vendue à la Ville de Montréal.

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand, a annoncé lundi que la partie sud de l’édifice du centre-ville était réservée par Montréal et que les négociations avec la Ville allaient bon train.

Le ministre Arcand et la mairesse Valérie Plante, qui était à ses côtés lors de la conférence de presse, n’ont pas voulu s’avancer sur la date d’une éventuelle entente ni sur son coût.

«La partie sud de l’îlot est complètement à l’abandon. C’est une cicatrice. La police y est toujours appelée. Il faut trouver une solution rapide», a commenté Mme Plante en mêlée de presse.

Même si des travaux majeurs sont à prévoir, l’administration Plante assure que déjà plusieurs organismes se sont montrés intéressés par le projet. Des entreprises du secteur des nouvelles technologies auraient déjà approché la Ville, attirées par l’emplacement du site, situé en face de la Grande Bibliothèque, avec un accès direct à la station de métro Berri-UQAM.

«Plusieurs compagnies ont des montages financiers déjà avancés, d’autres moins. On va faire un travail d’équipe pour déterminer les coûts des travaux», a poursuivi la mairesse Plante, qui veut aussi y réserver une place au logement social.

Fiasco financier

Lancé en 2005 par l’UQAM, l’îlot Voyageur était censé s’autofinancer en abritant des résidences étudiantes, un pavillon universitaire et une nouvelle gare d’autobus. Mais le projet s’est transformé en véritable gouffre financier, entraînant même la démission de son recteur de l’université de l’époque, Roch Denis.

Québec a dû éponger une dette de 200 millions $ et l’édifice a été racheté en 2010 par la Société immobilière du Québec (SIQ), le bras immobilier du gouvernement. La SIQ a à son tour perdu plus de 100 millions $ dans l’aventure.

En 2013, un groupe privé s’est porté acquéreur de la partie nord de l’îlot pour 45,5 millions $. Quelque 300 appartements ont vu le jour depuis, mais la partie sud, qui accueillait auparavant la gare d’autobus, demeure délaissée.

Autres projets d'envergure

Le ministre Arcand a également confirmé que le Québec comptait se débarrasser de l’ancien Institut des sourdes-muettes, rue Saint-Denis, l’un des plus grands bâtiments du Plateau-Mont-Royal, présentement vacant.

Montréal souhaite en être au moins locataire, peut-être propriétaire, pour maintenir la vocation sociale de l’immeuble patrimonial.

«C’est un édifice qui est magnifique et qu’il faut préserver, mais pas à n’importe quel coût. Il faut que des groupes embarquent avec nous», a dit Valérie Plante.

En outre, le gouvernement Couillard a annoncé avoir fait l’acquisition du 1000, rue Fullum, à Montréal, ce qui devrait lui permettre de «réduire sensiblement ses coûts pour loger efficacement des employés de ministères et d'organismes».

Québec estime qu’elle fera des économies de 2 millions $ annuellement grâce à l’achat de cet immeuble de 24 100 m2 au coût de 31 millions $. Le bâtiment, qui abrite présentement les locaux de Télé-Québec, est situé à l’angle des rues Fullum et Sainte-Catherine est, dans l’Est de Montréal.

Télé-Québec avait annoncé, en juin 2017, l’acquisition de l’édifice patrimonial au Pied-du-Courant, situé sur la rue Notre-Dame Est, où elle compte déménager.

- Avec l'Agence QMI

Dans la même catégorie