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Le président d’Hydro-Québec a été «condescendant», dit Moreau

Agence QMI

Le ministre de l’Énergie Pierre Moreau juge que le président d’Hydro-Québec fait preuve de condescendance lorsqu’il indique que le projet éolien d’Apuiat pourrait ne pas profiter aux Innus.

«Les Premières nations, et les Innus en particulier, ont des conseillers économiques, des conseillers juridiques, qui sont aussi bons que ceux d’Hydro-Québec. [...] Alors, c’est un peu condescendant de dire "ça ne vous rapportera pas, à vous"», a indiqué le ministre Moreau, en entrevue à Mario Dumont, sur les ondes de LCN, lundi.

 

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Le projet éolien d’Apuiat, sur la Côte-Nord, est au centre d’un bras de fer entre le gouvernement Couillard et le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, depuis que ce dernier a fait connaître des doutes quant à la pertinence de cet éventuel parc énergétique.

«Les données recueillies à ce jour par mon équipe ne permettent pas d’estimer la rentabilité projetée du projet et encore moins les retombées potentielles pour la communauté innue, lesquelles pourraient être faibles ou inexistantes», écrivait M. Martel aux chefs de la Nation innue, dans une lettre du 6 août dernier, que notre Bureau d’enquêtes a obtenue. Le projet pourrait entraîner des pertes estimées entre 1,5 milliard $ et 2 milliards $ durant les 25 années du contrat, selon le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel.

Une lettre qui, de toute évidence, n’a pas plu au ministre Moreau, qui croit que le projet sera bénéfique tant pour Hydro-Québec que pour la communauté innue.

«Le ton de la lettre a enflammé la relation avec les Innus. On ne peut pas, dans un contexte de négociation, laisser entendre que la partie, de l’autre côté, n’est pas bien équipée pour comprendre ce qui se passe», a-t-il ajouté, lors de son entrevue à LCN.

Un «bon projet»

Pour le ministre Moreau, il s’agit d’un «bon projet», pour plusieurs raisons, notamment en raison de la création de 400 emplois en région pendant la construction du parc.

Il croit que la demande énergétique au Québec augmentera à partir de 2022, date à laquelle l’éventuel parc éolien d’Apuiat pourrait générer ses premiers watts. Sans compter que l’Ontario compte fermer d’ici quelques années une de ses centrales nucléaires, a rappelé M. Moreau, même si Hydro-Québec est aux prises avec des surplus énergétiques importants.

Le député de Châteauguay a également admis qu’il était nécessaire de réaliser ce projet pour conserver de bonnes relations avec les Premières Nations.

«[Dans l’avenir], on va avoir besoin de négocier avec eux, pour notre bénéfice à nous. Alors, il faut éviter d’avoir une approche strictement comptable», a-t-il expliqué.

Le projet éolien d’Apuiat est un projet de 48 à 57 éoliennes qui devrait générer 200 MW d’énergie. La Nation innue s’est associée aux entreprises privées Boralex et Société renouvelable Canada pour réaliser son parc éolien.

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