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Programme de 480 000 $ par année

Plus d’aide pour les proches de victimes de meurtre

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Les proches de victimes assassinées n’auront plus à traîner leur boîte à lunch lorsqu’ils viennent assister au procès d’un accusé puisqu’ils recevront bientôt une aide financière depuis longtemps réclamée.

«Je suis heureuse, on a enfin obtenu quelque chose, c’est tellement rare», s’est réjouie Nathalie Beaulieu lors de l’annonce de la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, mardi au palais de justice de Montréal.

Mme Beaulieu est la mère de Clémence Beaulieu-Patry, une jeune femme de 20 ans assassinée dans une épicerie Maxi de Montréal où elle travaillait, le 10 avril 2016. Elle avait assisté à toutes les audiences du meurtrier Randy Tshilumba, mais ces présences à la cour avaient engendré des coûts, malgré l’aide de proches et de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues [AFPAD].

Glacière au palais

«On devait traîner notre glacière au palais de justice, se souvient Mme Beaulieu, qui vit encore mal le meurtre de sa fille. Les témoins avaient leur lunch payé, mais nous, on devait tout sortir de notre poche.»

Tout comme d’autres proches de personnes assassinées, elle a interpellé la ministre Vallée qui a finalement annoncé un programme de 480 000 $ par année afin de rembourser leurs frais.

Chaque proche pourra demander jusqu’à 2000 $.

«C’est important de faciliter l’accès au processus judiciaire, c’est un moment crucial pour les proches, d’avoir une meilleure compréhension du système, d’entendre de vive voix ce qui s’est passé, a déclaré la ministre. C’est une façon d’honorer les défunts.»

«Gros progrès»

Pour Camelia Vakefli, dont le fils Denis est mort poignardé, cette aide permettra de soulager les proches d’un stress additionnel. La mère de Gabrielle Dufresne-Élie, une adolescente de 17 ans morte étranglée, s’est elle aussi réjouie de l’annonce.

«On a fait un gros progrès, a commenté Marlène Dufresne. C’est une question financière, mais aussi de dignité et de respect.»

Mme Dufresne a d’ailleurs loué le travail de la directrice générale de l’AFPAD, Nancy Roy, qui n’a jamais lâché le morceau.

Le programme, devant débuter à la fin de l’année, sera offert par le réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels.

«Ce programme vient bonifier nos services, [les proches de victimes] méritent le meilleur soutien possible», a d’ailleurs commenté la directrice générale du CAVAC Montréal, Jenny Charest, estimant que ce budget servira dans 120 dossiers par année.

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