/news/law

Rozon pourra faire appel

Le fondateur de Juste pour rire Gilbert Rozon a obtenu une première victoire dans l’action collective d’un groupe de femmes l’accusant d’être un « prédateur sexuel», puisqu’il pourra tenter de mettre fin au processus judiciaire devant la Cour d’appel du Québec.

«On est très heureux de la décision, on aura un débat très important quand [la cause] sera entendue», s’est réjoui l’avocat de Rozon, Raymond Doray.

En mai dernier, la Cour supérieure avait créé un précédent en autorisant pour la première fois une action collective contre un individu seulement, plutôt qu’en compagnie d’une institution, pour des actes allégués d’agression et de harcèlement sexuel.

«Si [le regroupement] n’était pas autorisé à intenter la présente action collective, il est fort probable que de très nombreuses victimes seraient privées de l’exercice de leurs droits en justice», avait écrit le juge Daniel Bisson.

Le regroupement des femmes qui disent avoir été victimes de Rozon, baptisé Les Courageuses, s’était réjoui de la décision.

«C’est merveilleux pour toutes les victimes, ça envoie le message d’espoir qu’en 2018, la justice donne une place importante aux victimes», avait dit la comédienne Patricia Tulasne, qui est la personne désignée dans l’action collective regroupant une vingtaine de femmes pour le moment.

Ces femmes accusent Rozon de les avoir agressées entre 1982 et 2016. Et selon l’avocat du groupe, certaines des victimes alléguées étaient mineures. Elles réclament 10 millions $ à partager entre elles, ainsi que des montants individuels non spécifiés.

«Il y a un modus operandi, [Rozon] utilise son pouvoir pour abuser et intimider» a plaidé Me Robert Kugler en Cour d’appel, en tentant de tuer dans l’œuf la demande d’appel.

Première victoire

Il s’agit de la première victoire de Rozon dans cette affaire. Dès le départ, il avait saisi la justice pour faire retirer de la poursuite le terme «prédateur sexuel», mais il avait subi un revers.

Il avait ensuite tenté de faire rejeter l’action collective, sans succès.

«Parfois, c’est la perception de la femme qu’elle devait accepter [les avances de Rozon], tout se passe entre les deux oreilles de la supposée victime, ce n’est pas la faute de M. Rozon», avait plaidé l’un de ses avocats, Raymond Doray.

Rozon, qui brillait par son absence ce matin devant le plus haut tribunal de la province, s’était adressé une seule fois aux médias, en se disant «exécuté».

«Il y a des allégations le matin, on est jugé à midi et exécuté en soirée», avait-il dit en clamant son innocence.

La victoire obtenue aujourd’hui ne signifie toutefois pas que l’affaire est terminée. Cela veut plutôt dire qu’il pourra présenter ses arguments devant un panel de trois juges, probablement à la fin de l’automne ou à l’hiver.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.