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Une nouvelle approche pour accompagner les enfants victimes d'abus

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a annoncé jeudi matin la mise en place d'un nouveau carrefour d'accompagnement des enfants victimes d'abus, une méthode «novatrice» permettant de mieux amener les services vers les personnes dans le besoin.

Les Services intégrés en abus et maltraitance (SIAM) offriront sous un même toit tous les services nécessaires à l'accompagnement efficace des enfants victimes de maltraitance. Inspiré du modèle américain, le centre offrira de façon complémentaire de l'accompagnement médical, psychosocial, judiciaire et policier pour assurer la sécurité des enfants.

«La mise en place du SIAM est un exemple concret d'orientation visant à amener les services vers les personnes. [...] (C'est) une offre de service sans pareille qui fera une réelle différence dans la prise en charge des enfants victimes d'abus et de maltraitance», explique Dominique Jobin, directrice de la protection de la jeunesse du CIUSSS.

Fini les déplacements

Dans les bureaux situés sur la route de l’Église dans le secteur Ste-Foy, les enfants des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches pourront voir chacun des spécialistes au dossier, évitant ainsi de nombreux déplacements. Fini les enfants «promenés» de service en service.

«Avant, les enfants étaient pris en charge après un signalement, ils étaient emmenés au poste de police pour une déclaration filmée. Il y avait ensuite un déplacement à l’hôpital pour une évaluation et ensuite ils pouvaient être envoyé dans un milieu substitut. Ce sont ces situations que l’on veut éviter», souligne Marie-Josée Thériault, adjointe à la DPJ de Québec, précisant que plus de 1500 signalements avaient été faits l’an dernier dans la grande région de Québec.

Le nouveau service, qui sera lancé à l’automne, devrait donc permettre de diminuer les impacts négatifs d’une telle intervention chez l’enfant et sa famille. Comme il n’existe aucun autre programme pareil dans la province, une éventuelle deuxième phase pourrait permettre l’élargissement du territoire couvert.

«Pour établir ce genre de programme, le volume de clientèle doit être là. Éventuellement, nous pourrions desservir aussi l’Est-du-Québec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean», indique Dominique Jobin.

Plus d’accusations

Les intervenants souhaitent également que la nouvelle approche puisse mener un plus grand nombre de dossiers à terme. En plaçant les victimes dans un environnement où elles sont confiantes et en développant une nouvelle expertise, on souhaite mieux enrayer la problématique de la maltraitance et les abus.

«Quand on n’est pas suffisamment habilité, il peut arrive qu’on en échappe. Pour les procureurs, ultimement, on souhaite qu’il y a ait plus d’accusations c’est sur», indique Mme Jobin.

Le programme nécessitera un investissement de 2,4M$ sur cinq ans, réparti principalement entre le CIUSSS et les gouvernements fédéral et provincial.

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