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Défis sur internet

Momo challenge: «le côté sombre du web», selon François Charron

TVA Nouvelles

Le «Momo challenge», une série de défis lancés aux jeunes par un effrayant personnage sur le système de messagerie WhatsApp, mise sur la vulnérabilité de cette clientèle et représente le pire du web, selon le chroniqueur techno François Charron.

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Le dangereux «Momo challenge» à l’origine d’un suicide en Argentine?

«On aurait juste le goût que ça n’existe pas. C’est le côté sombre du web, et de l’humain», a-t-il souligné vendredi matin en entrevue avec Mario Dumont.

Le fonctionnement de la série de défis est encore nébuleux : selon ce qu’on en sait pour le moment, le personnage de «Momo» converse avec le jeune qui a pris contact avec lui sur la plateforme de messagerie, et lui lance des défis. S’il n’obtempère pas, on lui lance des menaces.

«Ça te rentre le bras dans le tordeur d’une série d’actions que tu aurais à entreprendre qui ont pour objectif de lentement le désensibiliser» explique le spécialiste des tendances web.

Le «Momo challenge» pourrait être à l’origine du suicide d’une jeune fille de 12 ans, en Argentine.

Ce n’est pas la première fois qu’on a affaire à un tel phénomène, rappelle M. Charron. Il y a quelques mois, le «défi de la Baleine bleue» avait circulé sur le web, proposant aux participants une escalade de défis qui menaient à des choses graves et dangereuses. Le dernier défi de la liste, s’enlever la vie.

Clientèle vulnérable

Avec ces défis en ligne, on mise sur la vulnérabilité qui accompagne souvent la crise d’adolescence, estime M. Charron. «Ils sont complètement mêlés, et là, ils embarquent dans un processus», souligne-t-il.

Ce qui est différent avec «Momo», c’est l’interaction avec le mystérieux personnage, qui prétend connaître des choses sur le jeune. Mais la personne de l’autre côté de l’écran sait-elle vraiment des choses?

Le chroniqueur techno fait le parallèle avec les diseuses de bonne aventure.

«Ces gens-là font de l’écoute active. C’est très facile d’avoir des bribes d’informations, mentionne-t-il. Avec les réseaux sociaux, on en dit beaucoup. Les jeunes vont livrer de l’information, qu’on va facilement leur retourner par la suite. Il y a ça de machiavélique : Momo prétend connaître des choses.»

L’utilisation de menaces de divulguer des choses compromettantes n’est pas anodine, analyse l’expert.

«On a peur à cet âge-là que nos travers soient dévoilés à la planète entière ou à nos parents. Ces menaces-là [de divulguer], ça marche vraiment avec cette clientèle-là.»

Est-ce que les Facebook, WhatsApp et autres Twitter de ce monde devraient bloquer de tels comptes pour protéger les jeunes? Assuréement, croit M. Charron, mais les géants de la tech ne jouent pas leur rôle, malgré la force des logiciels d’intelligence artificielle.

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