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Des garderies privées en milieu familial ferment leurs portes

Vanessa Limoges | TVA Nouvelles

Des propriétaires de services de garde en milieu familial privé évoluent leurs options, voire songe carrément à fermer leurs portes en raison des nouvelles dispositions de la loi 143 qui entreront en vigueur en septembre 2019.

Selon plusieurs propriétaires, l'interdiction pour ces milieux de garde non reconnus d'avoir recours à une remplaçante est problématique.

«C'est sûr que c'est très contraignant. J'ai quatre enfants, j'ai des rendez-vous, je n’ai pas le choix, a expliqué Annie Blais, propriétaire d'un service de garde privé non reconnu, en entrevue à TVA Nouvelles. Si mes enfants ont un rendez-vous, si j'ai une urgence, je ne peux plus me faire remplacer, je dois fermer. Ça ne peut plus être quelqu'un d'autre que moi qui offre les services de garde.»

Le mois dernier, après sept années de service, Annie Blais, une éducatrice de formation, a décidé de mettre la clé sous la porte.

«Souvent je m'arrangeais pour me faire remplacer pendant le dodo. Les enfants ne s'en rendaient pas compte. Ma remplaçante avait toutes les formations nécessaires», a-t-elle expliqué.

Ces remplacements sont toutefois permis dans les milieux accrédités, mais avec ses quatre enfants âgés de moins de 9 ans, Mme Blais considère que de se faire accréditer est impossible, puisque selon les nouvelles dispositions de la loi, ses quatre enfants compteront dans le ratio.

«Je me retrouvais à avoir seulement deux places subventionnées, donc ce n'était pas rentable», a souligné Mme Blais.

Julie Roy, qui assure ne jamais avoir de place disponible dans sa garderie non accréditée, a aussi pris la décision de fermer.

«J'ai trois enfants. Ça fait beaucoup de rendez-vous dans l'année», a justifié Mme Roy en déplorant que des parents d'enfants auraient du manquer des journées de travail lors de ses absences.

Des garderies occupées?

Au Québec, environ 40 000 enfants fréquentent ce type de garderie en milieu familial.

Dans certaines régions de la province, les places en CPE et en service de garde ne suffisent pas à la demande.

«Est-ce qu'il y a de la place actuellement? Ça dépend vraiment des localités. Dans certaines localités, il reste quelques places en CPE à combler», a indiqué la directrice générale de l'Association québécoise des CPE, Geneviève Bélisle.

Dans la région, les garderies privées se disent débordées d'appels.

«Il y a un gros besoin à Mont-Joli, c'est terrible. Il y en a qui me demandait si je pouvais, mais je leur disais "non, je suis pleine"», a précisé Mme Roy.

«Le téléphone sonne sans cesse, je n'ai même pas calculé, mais je sais que je n'avais pas de place avant 2020».

En mai dernier, une étude de l'Observatoire des tout-petits nous apprenait que les garderies privées non subventionnées offraient des services de moindre qualité que les CPE.

Mis à part les mesures sur les remplaçantes, ainsi que le ratio, les propriétaires de garderies vont aussi devoir se soumettre à d'autres mesures, entre autres, la vérification d'antécédents judiciaires, ils devront aussi avoir une assurance responsabilité civile d'au minimum 1 million $ et faire signer aux parents un document précisant qu'ils ne sont pas reconnus par le ministère de la Famille.