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Pour réduire l’isolement des jeunes

Des compétitions de jeux vidéo dans les écoles

Nadia Lemieux

 - Agence QMI

NADIA LEMIEUX/24 HEURES/AGENCE QMI

Et si jouer aux jeux vidéo à l’école permettait à des jeunes de sortir de l’isolement, de vaincre la cyberdépendance et d’améliorer leurs performances scolaires?

C’est le pari que s’est donné une nouvelle ligue provinciale de sports électroniques, qui fera son entrée dans plusieurs écoles dès l’automne.

Les sports électroniques, ou «eSports», sont des compétitions de jeux vidéo à large échelle.

Afin d’en faire la promotion chez les jeunes, tout en voyant à ce qu’ils développent leur passion dans un contexte de bonnes habitudes de vie, la Fédération québécoise des sports électroniques (FQSE) lance officiellement la première saison de sa Ligue Cyber Espoirs (LCE) à l’intérieur même d’écoles secondaires et de cégeps.

«On est étonnés du nombre d’écoles intéressées. C’est vraiment plus qu’on s’attendait», se réjouit la directrice de la LCE au sein de la FQSE, Maryse Landreville. À la fin septembre, une quinzaine d’écoles secondaires du Québec devraient être inscrites à la ligue.

Encadrement

La LCE a comme objectifs de réduire le décrochage scolaire, de favoriser la socialisation des jeunes joueurs et de valoriser leur talent.

«Quand on s’inscrit pour participer à une équipe, on rencontre d’autres jeunes avec la même passion. Souvent, ces jeunes ne participent pas à d’autres activités, car ces activités ne les interpellent pas. Donc, les jeux vidéo font en sortent que ces jeunes sortent de l’ombre», fait valoir Mme Landreville.

L’importance d’adopter de saines habitudes de vie sera également mise de l’avant. «C’est laissé à la discrétion de l’école, mais il est fortement recommandé aux écoles participantes [d’établir des règles par rapport à la pratique de l’activité physique], mentionne Mme Landreville. On aborde autant la nutrition que l’entraînement.»

Programme éprouvé

«On a adapté le format du Réseau du sport étudiant du Québec pour le mettre en eSports», précise Mme Landreville.

Les équipes de sports électroniques qui représenteront leur école à la LCE devront participer à deux pratiques et entre un et deux matchs par semaine, qui se déroulent en ligne, à distance. Une saison comprend des compétitions interécoles, des éliminatoires et une finale provinciale.

Le Centre de formation professionnelle (CFP) des Riverains à Repentigny offre déjà un programme en eSport, auquel les écoles participantes à la Ligue Cyber Espoirs sont encouragées à s’inspirer.

Leur salle dédiée à la pratique des sports électroniques, financée à même les économies de l’école, est équipée de 15 consoles de jeux vidéo et de 14 ordinateurs PC performants.

Pour bénéficier de ces installations, les jeunes sont tenus d’être présents à leurs cours, de maintenir leurs résultats scolaires ou de les améliorer, de pratiquer une heure d’activité physique par semaine et de suivre une conférence par mois sur les bonnes pratiques à adopter.

«Ici, on brise l’isolement», lance l’enseignant en lancement d’entreprise au CFP des Riverains et coordonnateur du projet eSport, Charles-Alexandre Pelletier.

«Le local n’est pas toujours ouvert, poursuit-il, et quand il est fermé, on voit des jeunes qui étaient assis seuls autrement, être dans un groupe de quatre ou cinq à la cafétéria et ils jasent. Ils ont élargi leur réseau d’amis. C’est un contexte vraiment bénéfique.»