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Interdiction de «body painting» à Montréal

Stéphane Sinclair | Agence QMI

 - Agence QMI

Courtoisie

Un festival mondial de body painting qui se tient dans plusieurs villes d’Europe et des États-Unis et qui devait avoir lieu à Montréal a été interdit parce que la ville juge cette forme d’art illégale dans les endroits publics.

L’artiste lavallois de 46 ans Yannick Descaries, alias Yandel, a été mandaté l’hiver dernier pour organiser un événement de body painting à Montréal par l’organisation internationale Dandy Golup.

Cet organisme tient des festivals dans des parcs de plusieurs grandes villes comme New York, Bruxelles, Amsterdam, San Francisco et Philadelphie.

L’événement où une quarantaine d’artistes internationaux devaient peindre les corps entiers de modèles était prévu le 25 août au parc Charles-S.-Campbell dans l’arrondissement Ville-Marie.

Étroit d’esprit ?

Or, la Ville de Montréal a récemment refusé de délivrer un permis pour la tenue de l’événement.

Geneviève Jutras, attachée de presse de la mairesse Valérie Plante, a expliqué que la Ville faisait respecter la loi, soit l’article 174 du Code criminel, qui encadre la nudité et les actes indécents dans les endroits publics.

Yandel comprend mal la décision de la Ville puisque l’organisation s’était engagée à afficher clairement la tenue de l’événement et à limiter l’accès au parc à ceux que ça intéressait, un peu comme ça se fait à New York ou à Paris.

«C’est incroyable, je pensais que Mont¬réal et le Québec avaient une ouverture d’esprit», dénonce Yanick Décarie.

Ça dépend de l’événement

Le célèbre photographe Spencer Tunick avait pourtant réuni 2500 Montréalais nus en public le 26 mai 2001 à l’invitation du Musée d’art contemporain pour une série de photos et ça avait été accepté à l’époque.

«Un artiste étranger peut le faire, mais pas un gars d’ici», déplore Yanick Décarie.

Ce dernier est d’autant plus déçu qu’il affirme que la chargée de projet à la culture dans l’arrondissement Ville-Marie, Soraya Miranda, avait approuvé le projet verbalement lors d’un appel téléphonique. Or, le refus officiel de la Ville est venu une semaine plus tard.

«Le Journal de Montréal» a tenté à plusieurs reprises de joindre Mme Miranda, mais elle a refusé de commenter, s’en remettant au service des communications.

Yandel, qui pratique le body painting depuis 16 ans, avait entrepris des démarches et affirme avoir dépensé plus d’un millier de dollars à la suite de sa discussion téléphonique avec Mme Miranda.