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Gertrude Bourdon: symbole de l'indécence politique, selon Lisée

Geneviève Lajoie | Bureau parlementaire

Archives/Agence QMI

Avant de flirter avec François Legault et de choisir de se présenter sous la bannière libérale, la gestionnaire du réseau de la santé Gertrude Bourdon avait fait une profession de foi péquiste.

«Mon parti, de toute façon, c’est le Parti québécois. Jamais je n’irai à la CAQ», avait confié la présidente-directrice générale du CHU de Québec-Université Laval à la députée péquiste Agnès Maltais, il y a quelques mois à peine.

L’élue se souvient très bien de cette rencontre, qui a eu lieu fin février, début mars.Pour le chef péquiste Jean-François Lisée, le butinage politique auquel s’est livrée Mme Bourdon risque fort d’alimenter le cynisme.

«Avec tout le respect qu’on doit à sa carrière, elle est devenue le symbole de l’indécence politique, du vide des convictions», a-t-il insisté, lors du lancement de sa campagne électorale dans la circonscription de Borduas, en Montérégie.Gertrude Bourdon a eu de sérieuses discussions avec le clan caquiste dans les dernières semaines, avant de se rendre à Montréal samedi dernier pour décliner en personne l’offre de François Legault.

Le chef caquiste lui avait réservé la circonscription de Charlesbourg, où elle aurait affronté l’actuel ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.Auparavant, celle qui aspire à devenir ministre de la Santé avait âprement négocié les termes de son saut en politique.

Selon nos sources, Gertrude Bourdon exigeait notamment une hausse annuelle de 8 % du budget du ministère de la Santé pendant la durée du premier mandat. De plus, elle réclamait que le chef de la CAQ renonce à déchirer, comme il promet de le faire, l’entente avec les médecins spécialistes. En renégociant l’entente avec les spécialistes, François Legault croit pouvoir dégager un milliard de dollars annuellement.

Gertrude Bourdon a commencé sa carrière comme infirmière et a gravi les échelons jusqu’à diriger le plus important centre hospitalier universitaire du Québec.La candidature de Mme Bourdon permettra aux libéraux de présenter une éventuelle ministre de la Santé qui ne soit pas un médecin.

Le PLQ a été fréquemment critiqué au cours de son mandat pour la grande présence de médecins à la tête de l’État, à commencer par le premier ministre Philippe Couillard.

À titre de PDG du CHU de Québec, Gertrude Bourdon gagne un salaire de près de 305 698 $, soit le double de celui d’un ministre.

Pas une souverainiste, selon CouillardLe chef libéral a mis en doute les convictions souverainistes de sa candidate vedette. «Je vous rappelle au sujet de Mme Bourdon qu’elle a été reconnue récemment par tous les administrateurs d’hôpitaux du Canada et elle porte l’Ordre du Canada à sa boutonnière», a-t-il dit.

Philippe Couillard s’est porté à la défense de l’aspirante-députée. «Si elle suivait les sondages, si elle était opportuniste, est-ce qu’elle serait allée du côté du Parti libéral du Québec? Non», a-t-il laissé tomber, en entrevue radiophonique.

-Avec la collaboration de Marc-André Gagnon

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