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Sa vie en cinéma

Des choix classiques pour Chloé Sainte-Marie!

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

L’artiste multidisciplinaire unique, qui participe à l’exposition «Créer: l'été des rencontres improbables» à Repentigny, dévoile ses souvenirs de cinéma...

Chloé, quel est votre premier souvenir d’une salle de cinéma?

C’était dans un ciné-parc! Nous étions allés voir «Les 10 commandements» de Cecil B. DeMille. J’étais jeune, j’avais six, huit ou neuf ans. Ça m’a marquée! C’était incroyable! L’ambiance bizarre m’a marquée aussi: dans un champ, plein de voitures. On pouvait imaginer aussi que c’était le tournage d’un film d’horreur dont je faisais partie dans le rôle principal, celui de la petite fille étranglée. Je m’en souviens aussi comme de quelque chose de particulier. T’arrives, il fait noir, t’as des gens qui marchent...

Quel est votre premier film marquant?

Le deuxième film que j’ai vu est «Ben-Hur» et il m’a marquée. Il faut dire que je trouvais Charlton Heston tellement beau! Mon dieu! Pour moi, c’était le summum de la beauté! Après, Gilles [Carle] m’a fait déchanter en m’expliquant qu’on voyait des verres de styromousse dans certains plans.

Est-ce le cinéma qui vous a révélé votre vocation artistique?

Non, je m’en suis aperçue bien avant ça. À cinq ans, je savais déjà que j’allais chanter... J’ai été élevée dans une famille baptiste. Mon père était catholique et est devenu baptiste quand j’avais cinq ans. On chantait des cantiques et on lisait la Bible. J’ai tout de suite été prise par ça et j’ai su que je ne suivrais pas la voie de mon père et que je serais une petite chanteuse populaire.

Un acteur ou une actrice qui vous fascine?

Marilyn Monroe! C’est la plus grande. Une actrice de talent! Elle avait tout. Elle était belle, elle était brillante, elle était autant mâle que femelle. Après La Corriveau, c’est la première femme libérée d’Amérique, libérée au sens de toutes les restrictions mentales qu’un cerveau peut avoir dans un monde judéo-chrétien.

Votre premier «kick» au cinéma à part Charlton Heston?

Marlon Brando, dans «Un tramway nommé Désir». Dans tous les films qu’il a fait, même les navets, il a toujours tout survolé. [Je suis très américaine dans mes goûts] parce que je suis une petite franco-canadienne... il n’y avait rien d’autre. Mon père était baptise, une religion anglo-américaine, C’était mon univers.

Votre film culte?

Je dirais «Les Plouffe»... encore une épopée! «Les Plouffe» est l’une des plus grandes épopées du cinéma. Ça a fait le tour du monde. C’est extraordinaire comme film. Le roman de Roger Lemelin a aussi été adapté à la radio, à la télévision. Je pense que «Les Plouffe» est un film qui va rester dans l’histoire du cinéma.

Un film dans lequel vous aimeriez vivre?

Je me suis aperçue que je n’aimais pas tant le cinéma que ça. C’est l’homme qui faisait du cinéma [Gilles Carle] que j’aimais. C’est tellement «plate» de faire des films. J’ai perdu mon âme de petite fille qui regardait des films. Faire un film, c'est être comme un bûcheron qui va bûcher dans le bois. On ne peut pas avoir ce rêve-là quand on fait du cinéma.

Un film qui vous fait pleurer?

Pas vraiment... sauf le film de ma vie.