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Gertrude Bourdon sur la sellette

Geneviève Lajoie

 - Agence QMI

Quebec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Le butinage politique de la candidate vedette libérale Gertrude Bourdon a retenu l’attention au Jour 1 de la campagne. Avant de flirter avec la CAQ et choisir de se présenter pour le Parti libéral, la gestionnaire du réseau de la santé avait fait une profession de foi péquiste.

La PDG du CHU de Québec s’est rendue à Montréal samedi dernier pour décliner en personne l’offre de François Legault. Selon nos informations, celle qui aspire à devenir ministre de la Santé exigeait une hausse annuelle de 8 % du budget en Santé et réclamait que le chef de la CAQ renonce à déchirer, comme il promet de le faire, l’entente avec les médecins spécialistes. Mme Bourdon démissionnera vendredi de son poste pour sauter dans l’arène politique. Hier, les chefs ont dû préciser la teneur de leurs échanges avec elle.

Qui est Gertrude Bourdon?

- Après une formation au Cégep de Limoilou, Gertrude Bourdon a commencé sa carrière comme infirmière avant de gravir les échelons en suivant, en parallèle, des cours en management à l’ENAP.

- En 1990, elle devient infirmière-chef en pédiatrie au CHUL.

- À compter du début des années 2000, elle occupe une série de postes de direction au CHU de Québec, jusqu’à en devenir directrice générale en 2009, puis PDG en 2015.

- Issue d’une famille de huit enfants, elle se décrit comme une femme fascinée par les humains, citant le psychanalyste Sigmund Freud parmi ses auteurs fétiches.

- En juillet dernier, elle a été décorée de l’Ordre du Canada par la gouverneure générale Julie Payette.

Symbole de l’indécence politique

Jean-François Lisée n’a pas mâché ses mots pour dénoncer le comportement de Gertrude Bourdon, qui a pourtant été approchée par le clan péquiste. «Mon parti, de toute façon, c’est le Parti québécois. Jamais je n’irai à la CAQ», avait confié la gestionnaire à la députée péquiste Agnès Maltais, il y a quelques mois à peine. «Magasiner» de la sorte un parti politique alimente le cynisme, estime le chef péquiste. «Avec tout le respect qu’on doit à sa carrière, elle est devenue le symbole de l’indécence politique, du vide des convictions». Le chef libéral a mis en doute ses convictions souverainistes. «Je vous rappelle au sujet de Mme Bourdon qu’elle a été reconnue récemment par tous les administrateurs d’hôpitaux du Canada et elle porte l’Ordre du Canada à sa boutonnière», a-t-il dit.

Le salaire des médecins spécialistes en cause

C’est le salaire des médecins spécialistes qui a mené à la rupture entre Gertrude Bourdon et la CAQ, a fait valoir jeudi François Legault. Le chef caquiste a toutefois évité d’attaquer de front la directrice générale du CHU de Québec, avec qui il a eu plusieurs discussions au cours des dernières semaines. «Elle a choisi d’aller avec un parti et elle doit maintenant expliquer pourquoi elle accepte que les médecins spécialistes gagnent plus qu’en Ontario», a-t-il martelé.

Barrette prêt à céder sa place

Gaétan Barrette reconnaît qu’une autre personne que lui pourrait être à la tête du ministère de la Santé pour achever sa réforme, si le PLQ était à nouveau porté au pouvoir. «J’ai toujours dit qu’il est essentiel, en Santé, que la personne qui est à la tête [du ministère] ait une compréhension approfondie du système de santé», a-t-il indiqué lors d’une mêlée de presse précédant le déclenchement officiel de la campagne électorale. Le Dr Barrette a dit qu’il acceptera les fonctions qu’on lui confiera, ajoutant qu’une annonce pour préciser son rôle pourrait avoir lieu dès aujourd’hui, lors du dévoilement de la candidature de Gertrude Bourdon.

Où sont les chefs aujourd’hui?

Philippe Couillard

- Trois-Rivières

- Québec (Cap-Rouge et Wendake)

François Legault

- Salaberry-de-Valleyfield

- Chateauguay

- Sainte-Martine (Montérégie)

Jean-François Lisée

- Montréal

- Chambly

- Laval

Manon Massé

- Montréal (Hochelaga-Maisonneuve)

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