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Santé

Des patients souffrant d’arthrite laissés pour compte

TVA Nouvelles

Des Québécois qui souffrent d'arthrite inflammatoire, une maladie incurable et dégénérative, interpellent les politiciens en campagne électorale. Selon la Société de l'arthrite, ils ne reçoivent pas les traitements adéquats.

Ils sont 18 000 sur des listes d'attente pour des traitements de physiothérapie.

Shanelle Cartier n'a que 29 ans, mais souffre depuis dix ans de ce type d’arthrite. Tout son corps et ses muscles sont touchés. Elle a même dû se faire opérer pour avoir une prothèse à la mâchoire.

«On a pris la décision de remplacer la mâchoire complètement», explique-t-elle.

Quelque 1,3 million de Québécois sont touchés par l'arthrite. De ce nombre, 260 000 souffrent de la forme la plus grave, l'arthrite inflammatoire. Les coûts indirects de la maladie sont évalués à quatre milliards de dollars par année.

«[Dans] ma salle d'attente, ce sont toutes des femmes dans la vingtaine et la trentaine», indique Dr Christian Pineau, directeur du département de rhumatologie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Julie Grenier, 37 ans, doit aussi vivre avec la polyarthrite rhumatoïde et doit prendre beaucoup de médicaments. Shanelle Cartier, quant à elle, doit en prendre jusqu’à 40 par jour.

Pour mieux contrôler leur maladie, elles aimeraient avoir accès gratuitement à des traitements de physiothérapie, mais cela leur est refusé. Elles doivent payer pour en avoir.

«J'ai calculé cette année, j'étais à 4000 $ de physiothérapie», souligne Mme Cartier.

«Moi, comme médecin, médicalement, ils vont pas tout régler ça, là, affirme Dr Pineau. Ces médicaments vont régler l'inflammation, mais il y a plein de choses à améliorer dans leur vie. Et ça, ça prend de la physio et de l'ergothérapie.»

En mars dernier, la Société de l'arthrite a déposé une étude au ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, et à tous les députés de l'Assemblée nationale, leur demandant leur appui pour créer, au coût de 3 millions de dollars par année, des groupes multidisciplinaires composés de médecins, infirmières, physiothérapeutes, ergothérapeutes et psychologues dans six régions du Québec pour soigner ces patients.

«Malheureusement, ça ne faisait pas partie de leur priorité», déclare Éric Amar, directeur général de la Société de l’arthrite.

Des milliers de patients sont sur des listes d'attente dans des cliniques et des hôpitaux du Québec en l'espoir d'obtenir des traitements de physiothérapie.

«Nous avons aujourd'hui à peu près 18 000 personnes au Québec qui sont sur les listes d'attente et qui attendent ce genre de service», affirme M. Amar

«Ils ont de la misère à retourner au travail, ajoute Dr Pineau. Ils ont de la misère à s'occuper de leur famille. Mais ils n'ont pas d'argent pour payer la physiothérapie.»