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Le PLQ veut «valoriser la profession» d'enseignant

Marc-André Gagnon | Agence QMI 

Le chef libéral Philippe Couillard a dû se défendre mercredi matin de faire sienne la promesse de la CAQ d’augmenter à plus de 53 000 $ le salaire des enseignants à l’embauche.

En conférence de presse dans une cour d’école pour la troisième journée consécutive, mais cette fois à Rivière-du-Loup, M. Couillard a annoncé que la réélection du Parti libéral du Québec au gouvernement se traduirait par l’élimination des six premiers échelons salariaux des enseignants.

En réalité, les échelons 1 et 2 n’existent que sur papier puisque les enseignants sont rémunérés selon l’échelon 3 dès l’embauche, et cela depuis que la durée de la formation universitaire en éducation est passée de trois à quatre ans.

Si les libéraux réalisent leur promesse, les nouveaux enseignants gagneraient donc, à l’embauche, le salaire équivalent à l’échelon 7, soit 53 134 $ à l’heure actuelle, plutôt que celui correspondant à l’échelon 3, qui est de 44 985 $.

M. Couillard estime que cette mesure visant «à valoriser la profession d’enseignant et d’enseignante» coûterait 79 millions $ sur cinq ans.

Comme la CAQ

Les caquistes promettent aussi depuis belle lurette d’éliminer les échelons 3 à 6. Il s’agit d’une mesure phare du Plan de valorisation de la profession enseignante dévoilé en mai dernier par le député caquiste sortant et candidat dans Chambly, Jean-François Roberge.

La CAQ s’était aussi engagée à augmenter le salaire des enseignants, en 2012, avant d’y renoncer en 2014, faute d’avoir les marges de manœuvre financières nécessaires.

«Il peut y avoir des éléments de convergence, a reconnu M. Couillard, mais il y une énorme différence entre ce qu’on présente en éducation et ce que présentent les autres partis dont la Coalition avenir Québec.»

Le chef du PLQ a, entre autres, fait valoir que son parti propose «une vision large» en matière d’éducation et «un ensemble organisé de propositions autour d’une politique de réussite éducative, autour d’un plan numérique».

M. Couillard a également accusé la CAQ de vouloir «limiter l’accès au baccalauréat» en éducation, alors que le PLQ s’engage maintenant à revoir la formation, notamment en créant un nouvel examen national de maîtrise du français.

Les libéraux promettent également de créer un institut national d’excellence en éducation.

«Le vote des profs n’est pas à vendre »

«Le vote des profs n’est pas à vendre», n’a pas tardé à répliquer la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), en s’adressant autant au PLQ qu’à tous les autres partis.

«Il faut se rappeler collectivement qu’il y a quatre ans, Philippe Couillard a rejeté une demande syndicale proposée par la FAE qui visait justement à faire disparaître les six premiers échelons», a déclaré Sylvain Mallette, président de la FAE.

«L’impression que nous donne le premier ministre aujourd’hui est de vouloir bien paraître pendant la campagne électorale et de faire oublier qu’il a imposé aux écoles publiques des compressions qui totalisent près de 1,5 milliard $, a-t-il ajouté. Or, les profs ne sont pas dupes.»