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Beaucoup de femmes «poteaux» à la CAQ

Annabelle Blais et Philippe Langlois | Agence QMI

Agence QMI

Même si la Coalition avenir Québec (CAQ) réussit l’exploit de présenter plus de femmes que d’hommes pour cette élection, celles-ci demeurent toujours sacrifiées en plus grand nombre dans des circonscriptions perdues d’avance.

À partir des projections et probabilités de qc125.com et tooclosetocall.ca, nous avons calculé que la CAQ sacrifie 29 femmes dans 41 circonscriptions non prenables, c’est-à-dire une circonscription où un candidat a moins de 20 % de chance de gagner.

À l’inverse, une majorité de 84 circonscriptions dites prenables est d’abord donnée à des hommes, soit 47 circonscriptions contre 36 pour les femmes.

Pour les autres partis, l’écart entre les femmes et les hommes envoyés en territoires hostiles est moins élevé.

Par exemple, Québec solidaire compte davantage de circonscriptions non prenables. Mais la distribution est équitable, soit 61 femmes et 56 hommes. Quant à leurs cinq circonscriptions prenables, trois sont réservées aux hommes et deux aux femmes.

Le Parti libéral du Québec présente aussi environ le même nombre de femmes et d’hommes, respectivement 28 et 31, dans des circonscriptions non prenables.

Mais les hommes sont toutefois avantagés puisque 35 d’entre eux sont candidats dans une circonscription favorable contre 23 pour les femmes.

Le Parti québécois (PQ) est le parti qui présente la plus grande proportion d’hommes dans des circonscriptions perdues d’avance soit 58 hommes contre 44 femmes.

Parité historique

À l’heure actuelle, 47 % des candidats sont des femmes. Mais en considérant les chances de gagner de chacune d’elles à partir des données de tooclosetocall.ca et de qc125.com, il est permis de croire que la proportion sera moins au Salon bleu.

Nous avons déterminé qu’au moins 43 femmes étaient candidates dans des circonscriptions où la victoire est pratiquement acquise (probabilité de victoire de 80 %), ce qui permettrait d’atteindre un 34 % d’élues à l’Assemblée nationale.

Si l’on considère l’ensemble des circonscriptions dites «prenables», c’est-à-dire où la probabilité de l’emporter est d’au moins 20% et où des femmes sont candidates, on arrive à un potentiel maximal de 53 femmes élues, pour une parité de 42% au Salon bleu.

Mais même en ne retenant que le scénario le plus conservateur, le record de 41 femmes élues à l’Assemblée (32,8 %) de 2012 serait battu.

*Est dit «prenable» si la probabilité d’emporter la circonscription est d’au moins une chance sur 5 selon qc125.com (plus de 20 %).

*Est dit «non-prenable», si la probabilité de gagner est de moins d’une chance sur 5 de gagner (20 %).

Tableau femmes candidates

Parité chez les donateurs de QS

Par ailleurs, Québec solidaire (QS) s’est intéressé aux profils de ses donateurs et découvert être le seul parti à atteindre la parité, avec 49,6 % de femmes qui leur ont fait une contribution politique.

La CAQ arrive au dernier rang avec 31,43 % de donatrices.

Les dons sont désormais limités à 100 $ par an. Une contribution additionnelle de 100 $ est permise durant une année électorale.

Le travail de recherche a été effectué par un militant de QS, Miguel Tremblay, et a mis ses données en ligne accessible à tous: https://framagit.org/MiguelTremblay/donsprenoms

Le «Journal de Montréal» a été en mesure de confirmer que la méthodologie utilisée par le militant était adéquate.

Québec solidaire est également le seul parti à avoir plus de 40 % de donatrices depuis que le DGEQ publie ces données, soit en l’an 2000.

Cette base de données a aussi permis au Journal de calculer que pour l’année 2018 que le Parti québécois mène la course des dons politiques (hommes et femmes confondus). De janvier à juillet 2018, le PQ est allé chercher près de 898 000 $. Vient ensuite le PLQ avec 580 000 $, la CAQ avec 419 000 $ et finalement QS avec 381 000 $.

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