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Le «Forrest Gump» de Repentigny

Simon Dessureault | Agence QMI

Simon Dessureault | Journal de Montréal

Un homme court des demi-marathons dans les rues de Repentigny à tous les jours depuis 39 ans, alors qu’un médecin avait dit à sa mère qu’il ne marcherait probablement plus un jour.

Sylvain-Xavier Gendron, 57 ans, est né avec la maladie de la neurofibromatose, un problème neurologique qui lui occasionne parfois des pertes d’équilibre lorsqu’il marche. Cette maladie l’oblige aussi à prendre sept comprimés par jour, car il peut faire des crises d’épilepsie.

L’homme originaire de la Côte-Nord affirme avoir été marqué par une discussion entre son médecin de l’époque et sa mère lorsqu’il avait 15 ans. Le médecin avait alors dit à sa maman qu’il ne serait probablement plus en mesure de marcher un jour, selon Sylvain-Xavier Gendron.

«J’ai très bien entendu, les mots du médecin m’ont marqué et je voulais courir pour profiter que je pouvais encore marcher», a affirmé Sylvain-Xavier Gendron, qui court environ 20 kilomètres par jour, à raison de deux séances (midi et soir), depuis son arrivée à Repentigny en 1979.

L’équilibre

L’homme de 4 pieds 8 pouces faisait aussi du vélo dans les années 1980-90, mais il a été obligé d’arrêter. Il tombait trop souvent du côté gauche et il était pris en charge par des ambulanciers, car il faisait des crises d’épilepsie. Il a d’ailleurs été opéré en 1996 pour se faire enlever une partie du lobe qui le faisait tomber du côté gauche.

«Je n’ai jamais eu de pertes d’équilibre en courant en 39 ans, je ne le sens pas en courant, a ajouté avec certitude Sylvain-Xavier Gendron. Le jogging me permet de garder l’équilibre.»

Invincible

Le cancer du côlon a également frappé Sylvain-Xavier Gendron, alors qu’il a été opéré à ce sujet en 2014. Il a d’ailleurs dû porter une sonde pendant 10 mois. «Ça ne m’a pas empêché de courir et là ça fait 4 mois que je suis correct», a ajouté Sylvain-Xavier Gendron, qui court toujours avec ses écouteurs et une gourde d’eau.

L’homme dit également se faire souvent aborder dans ses déplacements à Repentigny. «Il y a souvent des gens qui me crient «hey Forrest Gump»», a déclaré M. Gendron, qui avoue ne jamais avoir vu le film américain légendaire.

À la fin du mois de septembre, Sylvain-Xavier Gendron se rendra à la course jusqu’à la Place Versailles (25 km) à Montréal. Il a parcouru ce trajet en 2016 en 4 heures 45 minutes.