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Les deux pilotes ne volaient pas à la bonne altitude

Emmanuel Martinez | Agence QMI

Les deux pilotes chinois qui participaient à une formation à l’aéroport de Saint-Hubert ne respectaient tous deux pas l’altitude prescrite au moment de la collision au-dessus des Promenades Saint-Bruno, en mars 2017, selon le rapport d’enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST) divulgué mercredi.

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L’apprenti-pilote qui a excédé de 400 pieds l’altitude de vol exigé par la tour de contrôle est mort lorsque son Cessna s’est écrasé dans le stationnement du centre commercial à la suite de la collision, tandis que son compatriote qui suivait une formation en aviation commerciale s’en est tiré avec de graves blessures lorsque son aéronef a embouti le toit de l’édifice. Les deux étaient formés par la compagnie Cargair.

Le BST ignore pourquoi l’apprenti-pilote chinois a pris de l’altitude bien au-delà de la limite des 1100 pieds exigée par la tour de contrôle. Même s’il avait mal compris certaines directives des autorités durant des vols en solo précédents, il semble que ce n’était pas le cas lors de ce vol fatal.

De son côté, celui qui a survécu à l’écrasement n’avait aussi pas respecté l’altitude prescrite, mais il avait une bonne excuse. Un fil brisé de son microphone faisait en sorte que la communication était intermittente avec la tour de contrôle dans les moments précédents la tragédie.

«Le pilote du C-GPNP était distrait par le diagnostic de la panne de radiocommunication; il a par inadvertance permis à son aéronef de descendre de 100 pieds sous la restriction d'altitude de 1600 pieds», a noté le BST pour expliquer l’accident survenu à 1500 pieds.

En raison de la montée rapide de 400 pieds de l’apprenti pilote, la tour de contrôle n’a pas été en mesure de l’avertir du danger.

«Aucun des pilotes n'a vu l'autre aéronef à temps pour éviter la collision», a précisé le BST. Malgré les excellentes conditions météorologiques, l’organisme fédéral a mentionné qu’il est parfois difficile de repérer les autres avions en vol, notamment en raison les obstacles dans le champ de vision.

Aucun des aéronefs n’était muni d’un système d’alerte anticollision, qui n’est pas exigé par les autorités.

Questions linguistiques

Le BST a mentionné que la formation de pilotes étrangers qui n’ont ni le français ni l’anglais comme langue maternelle peut constituer un facteur de risque. Dans ce cas-ci, la compétence linguistique des deux pilotes chinois en anglais avait été jugée fonctionnelle.

L’organisme fédéral juge que d’avoir de nombreux pilotes en formation, dont plusieurs sont étrangers, dans un espace aérien «dense» comme celui de l’aéroport de Saint-Hubert complique la circulation aérienne.

«Le nombre d'activités menées à l'aéroport de Saint-Hubert et leur diversité accroissent la complexité du contrôle de la circulation aérienne. Les divers niveaux de compétences de vol et linguistiques des élèves-pilotes des quatre écoles de pilotage locales complexifient davantage le travail des contrôleurs», a précisé le BST.

Les contrôleurs n’ont pas été tenus comme en partie responsables de la tragédie.

 


 

 

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