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Un système de santé loin des patients, déplore un médecin

En pleine campagne électorale, un médecin d'expérience lance un cri du coeur.

Le docteur Jean Robert, un des fondateurs de la santé communautaire au Québec, dénonce un système de santé qui manque d'humanisme et dans lequel les patients ne deviennent que des numéros. Selon lui, il n’y a qu’à regarder l'organigramme du ministère.

«C'est de voir la quantité d'échelons qu'il y a, explique le médecin qui est également microbiologiste et infectiologue. C'est hallucinant! On a des spécialistes de la narine gauche, des spécialistes de la narine droite, puis ils ne se parlent pas pour savoir si les deux respirent en même temps.»

Il aimerait que de jeunes médecins descendent dans la rue, comme il l'a fait quand il était directeur du département de santé communautaire à l'hôpital Saint-Luc, et se rendent dans les centres de thérapie pour aider les plus vulnérables.

«Le système ne leur permet pas de mettre les pieds dans le merdier», soutient Dr Robert.

Le gouvernement exige qu'ils voient de nombreux patients en cabinet, mais il ne tient pas compte des cas lourds comme les malades qui, par exemple, ont à la fois le VIH, l'hépatite C, un problème de consommation et une maladie mentale.

«C'est quatre fois plus d'écoute, explique le médecin. C'est quatre fois plus de prises de sang. C'est quatre fois plus d'explications.»

À la clinique Santé Amitié de Saint-Jérôme, Jean Robert reçoit de nombreux patients qui ont été rejetés par le système de santé. Parmi ceux-ci, on retrouve René Champagne.

«Quand j'ai été dans les hôpitaux, les premières fois, on me disait, puisque je suis alcoolique : 'c'est ça, ton problème', relate M. Champagne. Je retournais dehors et je retournais consommer.»

Il souffrait d'hépatite C. Le docteur Robert l'a écouté et guéri. Il est aussi venu en aide à Alex Samuel Lavoie, une femme qui est devenue un homme.

«J'ai déjà été interné en me faisant dire que j'avais une maladie psychiatrique, un dédoublement de personnalité», raconte M. Lavoie.

Le microbiologiste et infectiologue a une raison de les aider. Il a aussi été mis à l'écart de la société dans un sanatorium durant un an alors qu'il faisait ses études de médecine en 1963. Sa radiographie des poumons indique qu'il souffrait de tuberculose.

À 80 ans, le docteur Robert vient d'écrire le livre «Médecin de rue» et n'a pas l'intention de prendre sa retraite. Il a même incité le ministère de la Santé à rendre accessible la naloxone quand il a fait face à des surdoses d'opioïdes.

«Où est-ce qu'il est allé, le budget des CLSC? demande-t-il. Où est-ce qu'il est allé, le budget de ce système-là? On pourrait faire une autre commission Charbonneau, peut-être, hein?»

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