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L’ex-libéral Yves St-Denis a porté plainte contre David Whissel

Marc-André Gagnon et Patrick Bellerose | Agence QMI

Yves St-Denis

Archives, Jean-François Desgagnés, Agence QMI

Yves St-Denis

L’ex-libéral Yves St-Denis a logé une plainte à la police en affirmant que l’ex-ministre David Whissel l’avait menacé de le « détruire » s’il se présentait en tant que candidat indépendant dans Argenteuil, ce que nie en partie ce dernier.

Dans une entrevue téléphonique accordée à notre Bureau parlementaire après le passage de la caravane libérale de Philippe Couillard dans Argenteuil, celui qui représente les électeurs d’Argenteuil depuis 2014 a rapporté que l’incident se serait produit en mai dernier.

M. Whissel avait alors sollicité une rencontre avec M. St-Denis après avoir appris que ce dernier souhaitait renvoyer une attachée politique qu’il avait lui-même embauché à l’époque où il était député d’Argenteuil (entre 1998 et 2011).

Les deux hommes se sont rencontrés dès le lendemain pour en discuter dans un restaurant du comté, et M. Whissel lui aurait demandé de la réengager, ce que M. St-Denis aurait refusé de faire, estimant que le lien de confiance avec son employée était brisé. « Pas juste loyauté. C’était quasiment de la diffamation », a précisé M. St-Denis.

Le ton de la conversation avec M. Whissel aurait monté de sorte que M. St-Denis aurait démarré l’enregistrement du dictaphone de son cellulaire. « Il m’a menacé qu’il me détruirait si je me présentais », a raconté M. St-Denis, sans en fournir la preuve.

Whissel nie

Joint au téléphone vendredi, David Whissel a offert une version très différente des événements, en niant notamment d’avoir menacé de le « détruire ».

« M. St-Denis est, quant à moi, une personne qui est dérangée. Et je choisis bien mes mots », a-t-il dit.

« C’est venu à mes oreilles qu’il avait fait des menaces, que si les gens ne démissionnaient pas, qu’il verrait à porter plainte aux ressources humaines à l’Assemblée nationale contre ces personnes, alléguant que ces gens-là manquaient de fidélité et qu’il verrait à s’assurer que, suite à leur mise à pied, qu’ils ne reçoivent pas la prestation de départ auquel le personnel a droit normalement », a-t-il raconté à son tour.

Il confirme toutefois lui avoir conseillé de ne pas se porter candidat.

« Je lui ai franchement dit qu’avec tout ce qu’il a fait et tout ce qui a été dit à son sujet, qu’il devrait profiter de l’été pour se faire tout petit et disparaitre de la politique au mois d’octobre », a-t-il résumé.

Yves St-Denis a ensuite porté plainte à la police pour cet incident, puis pour un autre où David Whissel s’est arrêté chez les parents du député, des bénévoles libéraux qu’il connait bien. Dans ce dernier cas, il s’agissait d’une simple visite de courtoisie, assure l’ex-ministre.

Dossiers clos

M. Whissel dit avoir obtenu l’assurance des policiers qui l’ont contacté que les deux dossiers sont clos.

En entrevue, l’ex-ministre libéral a eu des mots durs pour M. St-Denis, dont il dit par ailleurs apprécier la famille. « Je respecte beaucoup la famille St-Denis, dit-il. Mais Yves St-Denis, ce n’est pas quelqu’un avec qui j’ai beaucoup d’affinités personnelles. Je n’ai jamais trop aimé le style. »

« Il ne gagnera pas ses élections et il ne mérite pas de les gagner, a ajouté M. Whissel. Ce n’est pas un bon député dans le comté d’Argenteuil : il a manqué de jugement à plusieurs égards, il y a des dossiers qu’il a mal défendus. À Québec, il était isolé, la députation se tenait loin de lui, les ministres se tenaient loin de lui. »

« J’ai l’appui de ma population », assure pour sa part M. St-Denis, qui dit mener une bonne campagne et se félicite d’avoir su recueillir 1000 signatures en guise d’encouragement avant de faire le saut en tant qu’indépendant.