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Le cadre financier de la CAQ ne compte pas sur le milliard des médecins

Charles Lacavalier | Agence QMI

François Legault a été le premier des chefs à déposer son cadre financier samedi et met au défi les autres partis d’en faire de même avant le premier débat des chefs jeudi.

Il estime que son document est «conservateur, responsable et prudent» et l’a présenté avec ses candidats Christian Dubé, ancien de la Caisse de dépôt, Danielle McCann, qui a dirigé l’Agence de Santé de Montréal et Éric Girard, ex-trésorier de la Banque Nationale.

Le milliard des médecins spécialistes absent

Le cadre financier déposé par la CAQ ne prévoit aucune somme récupérée dans les poches des médecins spécialistes, même si François Legault promet de renégocier une entente qui redonnerait 1 milliard$ par année au Trésor public.

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«Il y aura une étude. Elle servira de base à la négociation. Pour être très prudent, on n’a pas inclus ces montants dans notre cadre financier», a expliqué le chef caquiste. Il reconnaît toutefois qu’au terme de l’exercice, la somme recouvrée par l’État pourrait être moindre.

4,1 % pour la santé et 3,5 % pour l’éducation

François Legault promet des dépenses de programmes stables en santé et en éducation et a dénoncé le budget en dents de scie des libéraux, qui ont sabré dans les dépenses en début de mandat pour ensuite réinvestir dans les services publics. Sous un gouvernement caquiste, les budgets en santé et en éducation seraient augmentés de 4,1% et de 3,5% par année respectivement. Les autres ministères verront leurs dépenses croître au rythme des «coûts de systèmes», a dit le chef caquiste.

Des dépenses de 2,6 milliards

À la fin du mandat, les promesses caquistes coûteront 2,6 milliards $ par année en dépenses de programme. François Legault les divise ainsi : «1,7 milliard$ dans le portefeuille des familles, 400 millions$ pour l’éducation, 500 millions$ pour la santé».

L’allocation familiale bonifiée et la réduction des taux de taxe scolaires sont les deux promesses les plus coûteuses à 1,4 milliard. La CAQ investirait 200 millions$ dans les services de maintien à domicile durant la première année de son mandat.

Un «effet CAQ» de 1 milliard

Pour payer ses promesses, François Legault prévoit un «effet CAQ» qui n’est pas sans rappeler «l’effet libéral» promis par Philippe Couillard en 2014. Cet effet permettra à l’État de croître les revenus de l’État de 1 milliard$ entre 2021 et 2023 grâce à la stimulation économique, argue M. Legault. Le chef caquiste compte sur Investissement Québec, une révision de la fiscalité des entreprises et une réduction du fardeau administratif pour stimuler la croissance.

Presser le citron des sociétés d’État

En plus de l’effet CAQ, François Legault veut presser le citron des sociétés d’État en exigeant une hausse de 7% des dividendes versés par Hydro-Québec, la SAQ et Loto-Québec sans toutefois vendre davantage de «gratteux». Il leur demanderait plus d’efficience. D’autres façons de payer ses promesses : l’attrition de 5000 emplois administratifs (381 millions$), des compressions de 300 millions$ dans les programmes annoncés par les libéraux en 2018, l’amélioration de la gestion informatique (210 millions$) et une baisse des coûts d’approvisionnement du gouvernement de 10% (590 millions$).

Ce qu’ils ont dit:

«Ce qui était prévisible, c’est que c’est du travail brouillon. [Il y a] des choses qui sont disparues, ou qui ont été sous-évaluées de façon massive» - Philippe Couillard.

«Ça ne me surprend pas qu’ils n’aillent pas se chercher de l’argent chez les médecins parce que d’abord [M. Legault] va attendre deux ans [...] l’étude comparative et ensuite Doug Ford va augmenter le salaire des médecins ontariens. Donc comme M. Legault veut être calé sur les médecins ontariens, ça se peut qu’il y ait zéro dollar à économiser. Il est complètement inconstant là-dessus.» - Jean-François Lisée-

Avec la collaboration de Geneviève Lajoie et Marc-André Gagnon