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Rares champignons

Deux chiens et une truie domptés pour dénicher des truffes en forêt

Geneviève Quessy | Journal de Montréal

Merguez le teckel et Truffette la cochonnette miniature sont des spécialistes de la chasse aux truffes.

PHOTO COURTOISIE, ARBORINNOV

Merguez le teckel et Truffette la cochonnette miniature sont des spécialistes de la chasse aux truffes.

Deux chiens et une truie de l’Estrie seraient les premiers au Québec à être domptés pour dénicher des truffes en forêt, ces champignons rares et très recherchés des gastronomes.

Les truffes indigènes ont été découvertes au Québec il y a quelques années seulement. Ces champignons peuvent se vendre entre 600 $ et 1200 $ le kilo en raison de leur rareté.

Le propriétaire de l’entreprise de reproduction de truffes Arborinnov, Jérôme Quirion, a entrepris de dresser des animaux pour en faire la cueillette. Il s’agit d’une pratique traditionnelle en Europe, mais complètement nouvelle ici.

«Les animaux nous aident à trouver des truffes dans la nature, qu’on peut ensuite reproduire», explique Jerôme Quirion.

Comme la drogue

Avec la spécialiste du comportement canin Dominique Côté, ils ont d’abord formé Tofu le Jack Russel, puis Merguez le chien saucisse.

«C’est le même type d’entraînement que pour du pistage de drogue ou de la recherche de personne. Il faut y aller sous forme de jeu. Cacher les truffes, d’abord dans la maison, puis dehors. Chaque fois que le chien démontre un intérêt pour la truffe, on lui donne une récompense», dit Dominique Côté.

Tofu accomplit son boulot depuis maintenant quatre ans. Il se promène sous les chênes, noisetiers et autres arbres amis des truffes. Dès qu’il sent l’odeur du champignon à travers le sol, il s’assoit.

Sa compagne Merguez s’entraîne depuis deux ans. «Les teckels sont faits pour pister, ce sont des chiens de sang, utilisés par les chasseurs. Ils ont aussi la qualité d’être plus calmes que les Jack Russel», dit Dominique Côté.

Puisque les cochons sont réputés pour être encore meilleurs pour trouver les truffes, les deux associés ont décidé de tenter l’expérience avec Truffette, une truie miniature.

«Les truies sont naturellement attirées par les phéromones de la truffe, qui s’apparentent aux hormones du cochon mâle», selon Mme Côté.

Déjà, dans son instinct, trouver le champignon est naturel pour cet animal.

«Mais le problème, c’est de leur apprendre à ne pas les manger. En fait, les cochons n’ont pas besoin de dressage pour trouver les truffes, mais c’est toute la logistique autour d’eux qui est compliquée. Si on a pris un microcochon, c’est justement pour faciliter la promenade en laisse.»

La truie ne doit pas être stérilisée, sinon elle perd une partie de ses instincts et ne s’intéresse plus aux champignons.

Formation

En plus de reproduire des plants de petits arbres dont le pied est inoculé par des truffes pour la vente, Jerôme Quirion et Dominique Côté offrent leurs conseils à ceux qui voudraient dresser leurs animaux pour la chasse aux champignons.