/regional/saguenay

STS

Des moyens de pression originaux pendant des négociations tendues

Jean Houle | TVA Nouvelles

Les chauffeurs de la Société de Transport de Saguenay (STS) ont choisi de tourner en dérision la tournure que prennent les négociations pour le renouvellement de leur convention collective. Ainsi, sur les panneaux lumineux de leurs autobus, ils affichent des destinations aussi improbables que Panama, Punta Cana et Cayo Coco.

Plusieurs usagers trouvent cela amusant. «Ça met un peu de chaleur aujourd'hui!» a dit une passagère devant un autobus à destination de Cancún.

«Moi, je trouve ça vraiment drôle», a dit une autre passagère.

Le syndicat a voulu souligner à sa façon la toute première séance de conciliation, plus d'un an et demi après la fin du contrat de travail, en manifestant devant l'hôtel où se retrouvaient toutes les parties. La question salariale n'a même pas encore été abordée.

«On a affaire à un employeur arrogant, qui se fout de la clientèle et de ses travailleurs, a clamé José-Nicolas Lopez, président du syndicat. Les circuits sont décidés à l'aide de Google Map!»

Sous-traitance et compressions

Les syndiqués reprochent à la direction de sabrer dans les services à la clientèle, en coupant des circuits à Jonquière, Chicoutimi-Nord, La Baie, et Lac Kénogami. Ces décisions s'accompagnent, selon le syndicat, d'une intention de recourir davantage à la sous-traitance et de procéder à des compressions dans les droits acquis.

«L'employeur ment quand il dit vouloir améliorer les services, a ajouté M. Lopez. En réalité, la sous-traitance coûte plus cher que les services publics.»

Les chauffeurs ont voté un mandat de grève presque unanime en juillet dernier.

La direction de la STS déplore les propos du syndicat, et surtout, l'affichage de destinations qu'elle juge inappropriée.

«Certains trouvent ça drôle, mais d'autres nous ont appelés pour s'en plaindre, a dit Jean-Luc Roberge, directeur général de la STS. En pleine période de la rentrée, ce n'est pas tout le monde qui connaît encore bien le numéro d'autobus à prendre.»

«Nous essayons encore d'en arriver à une entente négociée», a-t-il conclu.

Il n'y avait qu'une seule journée de conciliation au calendrier. Les autres séances seront fixées prochainement.