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Le PQ veut freiner les hausses de salaires des hauts dirigeants

Patrick Bellerose

 - Agence QMI

Jean-François Lisée s’engage à taxer les revenus des hauts dirigeants qui excèdent de façon trop importante le salaire moyen des employés d’une entreprise cotée en bourse.

Le chef péquiste a fait l’annonce mardi matin de cette «taxe gloutons», lors d’un point de presse à l’Université de Montréal.

Ainsi, le salaire moyen des employés au sein d’une entreprise publique sera comparé à la moyenne des cinq plus hauts revenus. Si le revenu des hauts dirigeants dépasse de plus de 30 fois celui des employés, la taxe sera appliquée «sur la portion des salaires des cinq plus hauts dirigeants excédant la norme des 30 fois».

Le PQ souligne que «la mesure ne s’appliquera qu’à la troisième année de notre mandat, à un taux de 10 %». Par la suite, «le taux sera de 25 %».

Jean-François Lisée a rappelé que 93 % des Québécois se sont dits opposés à la hausse de rémunération de 48 % accordée par Bombardier à ses hauts dirigeants l'an dernier, selon un sondage Léger/TVA Nouvelle/«Le Journal de Montréal». «On croit que là et ailleurs, il y a des gloutons, a lancé le chef péquiste. On est maintenant dans la société des gloutons et nous voulons discipliner ces gloutons.»

Le parti prévoit également limiter les salaires des dirigeants des sociétés d’État – sauf celui de la Caisse de dépôt et placements – au niveau de celui du premier ministre. Le PQ estime le revenu du premier ministre à 250 000 $, une fois prit en compte tous les avantages.

Évasion fiscale

La formation souverainiste a dévoilé du même souffle plusieurs mesures pour lutter contre l’évasion fiscale, notamment une «taxe sur les profits détournés des multinationales».

Un gouvernement Lisée appliquerait une taxe de 25 % sur les profits détournés, dans l’espoir de récupérer 159 millions $ annuellement.

De plus, son parti mettrait fin, dès décembre, à 12 conventions qui «légalisent l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux».

Jean-François Lisée affirme que l’ensemble des mesures annoncées mardi permettront à l’État québécois d’aller chercher 360 millions $ la quatrième année d’un premier mandat. «C’est plus que la totalité du budget de l’Environnement, du Tourisme, de l’Immigration... C’est presque tout ce qu’on veut mettre en soins à domicile», fait-il valoir.