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14 morts à Montréal en 2018

La hausse des décès de piétons attribuée à nos rues

Matthieu Payen | Agence QMI

Pascal Girard/AGENCE QMI

Des experts en sécurité routière insistent sur l’importance de repenser nos rues pour protéger les piétons, alors que cinq d’entre eux ont été impliqués depuis samedi dans des accidents graves ou mortels à Montréal.

La mort d’une octogénaire heurtée lundi soir par un véhicule dans l’arrondissement Saint-Laurent a fait grimper à 14 le nombre de piétons décédés à Montréal cette année.

Ce chiffre dépasse tous les bilans en date du 11 septembre depuis au moins cinq ans, selon la police de Montréal qui demande aux piétons de redoubler de prudence.

«Marcher en textant ou avec des écouteurs crée des situations dangereuses», affirme André Durocher, porte-parole du SPVM.

Vision zéro

Pourtant, selon trois spécialistes en sécurité routière, le problème ne vient pas du comportement des piétons, mais plutôt de la façon dont nos rues sont construites.

«Cela fait deux ans que Montréal a adopté l’approche Vision Zéro [qui vise zéro décès et blessés graves sur la route], mais je n’ai pas l’impression que les élus prennent conscience de ce que cela implique», déplore Nicolas Saunier, professeur à la Chaire Mobilité de Polytechnique Montréal.

«Baisser la vitesse sur les panneaux, c’est insuffisant, ajoute-t-il. Il faut diminuer la largeur des routes pour contraindre les véhicules à ralentir.»

Pour le médecin Patrick Morency, de l’Institut de recherche en santé publique, outre la vitesse, il faut également réduire le nombre de véhicules et les zones de conflits. Saillies, traverses protégées, feux exclusifs aux piétons, terre-pleins centraux, il cite une multitude d’aménagements possibles.

«À Montréal, ç’a été fait dans plusieurs petites rues, mais il faudrait les installer sur nos grands axes de circulation», dit M. Morency.

Pour Marie-Soleil Cloutier, de l’Institut national de la recherche scientifique, «le seul élément à blâmer, c’est notre réseau routier».

«On ne peut pas demander aux gens de marcher plus sans modifier la façon dont on construit la voie publique», dit-elle.

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