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Thanatologue, un métier en pleine mutation

Richard Olivier | TVA Nouvelles

Le secteur de la thanatologie n'est pas épargné par la pénurie de main-d’œuvre qui sévit actuellement au Québec. C’est l'un des enjeux qui suscite le plus grand nombre de discussions chez les membres de cette profession, qui s’étaient réunis en congrès mardi à Valleyfield.

Des urnes en blocs Lego, des tombes en chêne et de l'équipement pour préparer une dépouille  à son dernier repos, tels sont les kiosques que vous trouverez au congrès annuel des thanatologues. Mais ce dont parlent ici les 300 congressistes,  c’est de la pénurie d'emplois.

«Avoir des techniciens de laboratoire compétents et des conseillers compétents, c’est un enjeu», explique le président de la Corporation des thanatologues du Québec, Denis Desrochers. La thanatologue Geneviève Veilleux renchérit: «On doit combler avec du personnel qu'on a déjà ou que nous formons nous-mêmes.»

Un technicien va gagner entre 50 000 et  80 000$ quand il jumelle aussi le rôle de conseiller funéraire. «Ce sont des salaires de 20$ de l'heure et plus», confirme M. Desrochers.

Cette année, l'industrie doit aussi s'adapter aux nouvelles dispositions de la loi de la Protection du consommateur. On devra ventiler le coût des services et aussi composer avec le nouveau registre des arrangements préalables de services funéraires.

«Ce sera un registre national, un peu comme celui de la chambre des notaires qui a un registre pour tous les testaments», explique le président de la Corporation.

Les conseillers funéraires devront aussi annoncer à leurs clients un changement dans les lois. Par exemple, à partir de janvier, il sera interdit aux Québécois d'enterrer une urne.

«Ils ne pourront plus inhumer une urne sur leur terrain, mais ils pourront disperser [les cendres]», précise M. Desrochers.

L'industrie de la thanatologie n'avait pas connu de bouleversements aussi grands depuis 200 ans. D'ici quelques années, avec l'arrivée des milléniaux, on prévoit que 50% des gens exigeront des cérémonies non religieuses et des demandes particulières.

Geneviève Veilleux se rappelle, à titre d’exemple, avoir organisé pour des clients un thé «avec des petits sandwichs». «La famille avait du champagne. On a fait ça dans une salle de réception. Il y avait des musiciens», décrit-elle.

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