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Un Montréalais au sein du groupe

Centre Bell: Chicago tout en classiques

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Depuis janvier, Neil Donell a déjà donné plus de 75 concerts en compagnie de Chicago.

courtoisie, Peter Pardini

Depuis janvier, Neil Donell a déjà donné plus de 75 concerts en compagnie de Chicago.

Des artistes les plus légendaires, on aime réentendre les classiques. Le groupe Chicago l’a compris. Dans sa présente tournée, qui l’amenait au Centre Bell jeudi après une escale à Trois-Rivières la veille, la formation américaine ne reprend en deux parties que les morceaux les plus acclamés de son répertoire.

Le programme a été annoncé en voix hors champ dès que l’obscurité s’est abattue sur la salle, en configuration théâtrale pour l’occasion, quelques minutes après 20 h.

En ouverture, les 10 musiciens et chanteurs – parmi lesquels le Montréalais Neil Donell, qui s’est joint à la troupe en début d’année et a reçu une mini-ovation lorsqu’il a été présenté à la foule – revisitent la totalité de leur deuxième album en carrière, «Chicago II» (aussi simplement appelé «Chicago»), paru en 1970.

Puis, après l’entracte – une rareté, désormais, dans les concerts de vedettes internationales –, Chicago offre tous ses autres grands succès, dans ce que l’ensemble qualifie lui-même de «plus long rappel au monde». De quoi réjouir les adeptes de la première heure.

Sobriété

Le premier droit du spectacle fut donc celui des «Make Me Smile», «Colour My World» et autres «25 or 6 to 4», qui ont créé la renommée de «Chicago II», opus de collection pour les véritables amateurs de Chicago, pas nécessairement réputé commercial. Ces titres ont enthousiasmé le public à quelques reprises, mais l’écoute a surtout été calme et respectueuse.

Après la pause, on espérait bien sûr les «If You Leave Me Now», «Does Anybody Really Know What Time Is It?» et «Hard To Say I’m Sorry», qui ont lustré l’image mondiale de nos gentlemen, vêtus comme tels jeudi.

La sobriété est sans doute le qualificatif qui sied le mieux à cette soirée passée en compagnie de Robert Lamm, Lee Loughnane, James Pankow – les trois membres fondateurs de Chicago encore de l’aventure – et leurs comparses.

Sagement répartis sur leur scène à deux étages, les instrumentistes s’en sont donné à cœur joie sur leurs joujoux, multipliant les solos interminables devant un tableau de projections convenues, où revenait souvent le logo de Chicago. Une cohésion sincère semble unir le groupe, visiblement complice dans ses moments partagés.

Est-ce que les longues envolées instrumentales de Chicago et ses sonorités lourdes en cuivres ont bien vieilli? Les oreilles jeunes répondront peut-être que non. Qui plus est, la bande, même si elle part en tournée chaque année, semble avoir du mal à renouveler son bassin de spectateurs. Jeudi, 3522 irréductibles étaient au rendez-vous, mais les réactions étaient discrètes, et de longues rangées de sièges vides attendaient âme qui vive. Mais les grands gamins de Chicago n’en ont pas moins pris plaisir à nous gaver de leur nostalgie dans cette prestation généreuse et sentie.