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Gratuité du transport collectif: des experts s'interrogent sur la capacité du réseau

Francis Pilon | Agence QMI

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SÉBASTIEN ST-JEAN/24H MONTREAL/AGENCE QMI

L’engagement fait par Philippe Couillard de rendre le transport collectif gratuit pour les étudiants et les aînés pourrait entraîner l'engorgement du réseau montréalais si des améliorations ne sont pas apportées, selon des experts.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’est engagé mardi dernier à offrir la gratuité des transports en commun, à la grandeur de la province, pour deux catégories d’individus.

Le gouvernement injecterait près de 200 millions $ par année pour concrétiser cet engagement qui serait profitable à environ 200 000 étudiants et 80 000 aînés.

Selon Florence Junca-Adenot, professeure au Département d'études urbaines de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et ancienne PDG de l'Agence métropolitaine de transport, la métropole n’est pas prête pour la gratuité dans les conditions actuelles.

«Si ça fait effet et que les gens prennent plus le transport en commun, il faut des services suffisants en place. Actuellement, ils sont bondés partout. Les métros, les trains, les autobus; c’est plein», a souligné Mme Junca-Adenot.

«Pour que ça fonctionne, a-t-elle poursuivi, il faudrait aussi faire précéder ça d’une bonne augmentation de l’offre des services de transport, particulièrement en heure de pointe.»

Problèmes à venir

«Il est clair que cette mesure amènerait un achalandage accru dans nos réseaux et que l’offre de service devrait être ajustée en conséquence», a dit Amélie Régis, conseillère corporative aux affaires publiques de la Société de transport de Montréal (STM).

«Toutefois, comme les modalités de cette mesure de gratuité ne sont pas connues [...], il est difficile pour nous d’évaluer à ce stade les impacts», a-t-elle ajouté.

Geneviève Boisjoly, membre du Groupe de recherche sur le transport de McGill, partage la même opinion que Mme Junca-Adenot sur le manque de ressources actuelles.

«Rendre le service gratuit, c’est une chose. Par contre, pour les étudiants et les aînés qui n’ont pas facilement accès aux transports en commun, dans les régions par exemple, cette politique n’améliora pas nécessairement leur qualité de vie. La gratuité ne leur permettra pas de faciliter leurs déplacements s’ils n’ont pas accès aux transports en commun», a-t-elle indiqué.

Aucune étude

La responsable des communications de la campagne libérale, Catherine Maurice, a confirmé au «24 Heures» qu’aucune étude n’a été faite préalablement à cette promesse électorale.

«Notre équipe a dévoilé une politique gouvernementale de mobilité durable le printemps dernier, qui propose une approche globale pour développer des déplacements plus faciles, plus rapides, plus économiques, plus écoresponsables. Cette politique prévoit déjà une augmentation des investissements en transport collectif», a expliqué Mme Maurice.

Cette dernière rappelle aussi qu’un appel d’offres pour l’ajout d’autobus dans l’ensemble des sociétés de transports de la province a été lancé au printemps dernier par le gouvernement du Québec.

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