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Québec 2018

Labeaume attaque le débat sur l’immigration

Nicolas Lachance | Journal de Québec

Alors que les chefs des principaux partis s’apprêtent à affronter les maires du Québec au Sommet des municipalités, Régis Labeaume a affirmé que le débat sur l’immigration ne peut pas «se résumer à une bataille sur les seuils d’immigration».

Le maire de Québec s’est adressé aux membres de l’Union des municipalités, vendredi matin, lors du discours d’ouverture du sommet annuel. Il en a profité pour rappeler aux candidats qui font campagne afin d’obtenir le poste de premier ministre du Québec que les municipalités «demandent des engagements très clairs» et «des agendas» pour les exécuter dans le temps.

«Il ne faut pas laisser de "lousse" dans les réponses qu’ils vont nous donner, a-t-il plaidé. Il faut démontrer aux candidats et candidates notre solidarité, notre fermeté et notre sérieux quant à nos revendications dans cette élection.»

Seuil d’immigration

Le maire Labeaume a d’ailleurs vivement reproché aux candidats l’angle du débat sur l’immigration durant la campagne électorale provinciale, surtout en situation de pénurie de main-d’œuvre.

«Le plus gros problème économique en ce moment est la rareté de la main d’œuvre. C’est un manque dramatique. C’est une épée de Damoclès au-dessus de l’économie, de nos villes et nos régions. Ça ne peut pas se résumer à une incroyable bataille sur les seuils d’immigration. Ça ne peut pas être ça. Tout ce qu’on entend en ce moment, c’est une bataille de chiffres sur des seuils d’immigration et ce n’est pas ça un plan de développement de main d’œuvre», a pesté le maire de Québec, qui prône pour une augmentation de l’immigration francophone.

 

«On veut et on demande d’avoir des immigrants francophones. Lorsqu’on va en Europe, on a une mauvaise réputation en ce moment. Quand on les invite ici, ils savent maintenant que c’est compliqué d’entrer au Québec et au Canada. Et, ça, c’est une très mauvaise nouvelle», a affirmé M. Labeaume.

Appel à la TVQ

Le maire de Québec a critiqué les cadres financiers des quatre principaux partis, affirmant ne pas y avoir observé de politique pour le partage de la taxe sur la consommation avec les municipalités du Québec.

«Le gouvernement du Québec ne peut prétendre qu’il est le seul à créer de la richesse. Ce n’est pas vrai que les villes contribuent à créer de la richesse. On demande un certain partage des taxes à la consommation. Il me semble qu’un pourcentage de la TVQ, c’est un minimum», a-t-il mentionné, affirmant que les villes doivent immédiatement obtenir des assurances.

«Je veux des réponses aujourd’hui, sinon, on s’est fait avoir.»

Le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, a lui aussi plaidé pour que les chefs qui seront présents au sommet cet après-midi «précisent clairement leurs engagements envers les gouvernements de proximité» que sont les villes. Il insiste surtout leur vison de la fiscalité municipale.