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Centre de réadaptation Villa Marie-Claire

Des coupes empêchent des mères d’étudier

Alex Drouin | Agence QMI

Agence QMI

Des mamans de l’Estrie qui veulent se reprendre en main en terminant leurs études secondaires voient leurs espoirs compromis à la suite de la relocalisation d’un programme adapté.

Ève Delafontaine, 23 ans, et Roxane Poulin, 21 ans, sont mères au foyer et attendent respectivement leur troisième et deuxième enfant.

À l’adolescence, Mme Delafontaine a eu des difficultés familiales et Mme Poulin a consommé de la drogue.

Elles n’ont pas été en mesure de terminer leurs études.

Les deux femmes de Sherbrooke souhaitaient compléter leur secondaire au Centre de réadaptation Villa Marie-Claire pour les mères en difficulté d’adaptation.

En plus de l’hébergement pour les femmes enceintes, l’établissement offrait des cours de français et de mathématiques ainsi qu’une halte-garderie pour les enfants.

Des rêves envolés

Or, le volet «Place aux parents», qui permettait à des mères d’étudier alors qu’elles n’étaient pas hébergées par la villa, a été relocalisé.

Cela compromet leur plan d’études, car elles n’ont pas les ressources pour envoyer leur enfant dans une garderie.

Mme Poulin fréquente cet établissement depuis avril 2017 et a souvent amené son fils d’un an avec elle lorsqu’elle n’avait pas les moyens de se payer une gardienne.

Quant à Mme Delafontaine, elle devait commencer ses cours en janvier 2019.

«En raison du peu d’étudiantes qu’on avait et du fait qu’elle donnait déjà des services [aux adultes dans un autre centre], la Commission scolaire de Sherbrooke a décidé de rapatrier les services au Centre Saint-Michel», a confirmé le chef de service de la Villa Marie-Claire, Joe Contarini.

Les parents et les femmes enceintes devront se tourner vers le Centre Saint-Michel­­­, qui offre la formation professionnelle, mais où il n’y a pas de halte-garderie ni d’horaire flexible.

Cinq étudiantes

Le nombre d’étudiantes était passé d’une quinzaine par session à environ cinq depuis la création du volet scolaire, il y a un peu moins de 30 ans.

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), qui s’occupe du volet enseignement, n’a pas été en mesure de dévoiler les coûts exacts de cette relocalisation.

«Il faut compter le salaire à temps plein d’un enseignant qui enseigne à moins de cinq élèves par année, alors qu’au Centre Saint-Michel, l’offre bonifiée aura des coûts variables, en fonction du nombre d’élèves et du nombre de groupes qui seront concernés par ce changement», a expliqué l’agente de communication de la CSRS, Mélanie Breton.

«Je ne sais plus ce que je vais faire, mais je tente de ne pas trop y penser, étant donné que le stress n’est pas bon puisque je suis enceinte et que je vais accoucher à la fin septembre», a dit Mme Delafontaine, qui a déménagé en juillet dernier afin de se rapprocher de la Villa Marie-Claire pour obtenir son diplôme.

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