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Côte atlantique des États-Unis

Tempête tropicale Florence: «c’est pratiquement tout ce qui tombe à Montréal en un an!»

Agence France-Presse et TVA Nouvelles

La tempête Florence, qui a déjà fait au moins neuf morts sur la côte atlantique américaine, menace toujours de faire des ravages au cours du weekend en raison des «quantités monumentales» de pluie qu'elle charrie et des inondations qu'elle provoque, selon les autorités qui ont averti les habitants évacués de ne pas tenter de rentrer chez eux.

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La tempête a fait au moins huit morts confirmés, selon les autorités: cinq, dont une mère et son bébé tués dans leur maison par la chute d'un arbre, en Caroline du Nord, et un en Caroline du Sud, une femme de 61 ans morte vendredi lorsque sa voiture a heurté un arbre couché sur la route. Trois autres ont été victimes de «crues subites» sur les routes, ont indiqué les autorités du comté de Duplin, en Caroline du Nord.

Plusieurs médias américains avancent aussi le chiffre de 11 personnes décédées.

En entrevue à TVA Nouvelles, le météorologue Gilles Brien souligne l’importance de ces pluies : «à Newport, en Caroline du Nord, on a noté 600 mm de pluie en 36 heures. C’est pratiquement tout ce qui tombe à Montréal en un an».

 

Les rafales de vent et la pluie diluvienne ont fait d'importants dégâts. De nombreuses routes restaient coupées par des arbres et des poteaux électriques arrachés, ou encore par des crues soudaines.

La dépression «déverse des quantités monumentales de pluie», a mis en garde Roy Cooper, le gouverneur de Caroline du Nord (sud-est), l'État le plus durement frappé.

«Toutes les routes de l'Etat peuvent être inondées», a averti le gouverneur. Malgré la levée des ordres d'évacuation sur la côte, «vous n'êtes pas en sécurité en y allant», a-t-il dit à ses administrés impatients de rejoindre leur domicile.

«Beaucoup de gens qui pensent que la tempête les a ratés n'ont pas encore fait face à sa menace», a-t-il affirmé, mettant en garde les habitants des régions montagneuses dans l'ouest de l'État alors que Florence devrait continuer à s'enfoncer vers l'ouest samedi et dévier vers le nord dimanche.

Plusieurs localités des deux États de Caroline ont pris à leur tour samedi des arrêtés d'évacuation en prévision d'inondations.

La tempête «va provoquer des inondations catastrophiques sur des zones de Caroline du Nord et de Caroline du Sud pendant encore quelque temps», a averti un responsable de l'Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA), Steve Goldstein. «Nous avons affaire à un évènement majeur d'inondations et de pluie, nous sommes également attentifs à de possibles glissements de terrain», a-t-il ajouté.

 

Florence, qui s'affaiblissait, avançait samedi à 6 km/h avec des vents de 75 km/h dans l'intérieur des terres à la frontière de la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, selon le bulletin de 14H00 diffusé par le centre national des ouragans (NHC).

Les autorités s'attelaient désormais à évacuer l'eau et porter secours aux habitants piégés par les eaux.

Autour de la ville de Hampstead, sur la côte de Caroline du Nord, des habitants évacués tentaient de rentrer chez eux pour constater les dégâts malgré les routes inondées, selon un correspondant de l'AFP.

Une partie de la ville de New Bern, environ 30 000 habitants, était sous les eaux depuis vendredi, piégeant des centaines d'habitants. La cité touristique est située à la confluence des rivières Neuse et Trent et proche d'un estuaire.

Enseignant retraité, Charles Rucker venait d'acheter sa maison où il n'avait passé que cinq nuits quand la tempête s'est abattue, faisant monter subitement les eaux de trois mètres.

«Ca été comme un TGV traversant le salon. Je n'avais jamais rien vu de semblable, j'ai eu vraiment peur», a-t-il déclaré à l'AFP en évoquant la subite montée des eaux provoquée par la marée de tempête.

 

Les rues inondées étaient recouvertes d'une pellicule d'huile pour moteur de bateau, a constaté un reporter de l'AFP. Certaines maisons étaient toutes portes ouvertes, enfoncées par les rafales de vent. Plusieurs statues d'ours, l'animal fétiche de New Bern, flottaient dans les rues où l'eau arrivait parfois jusqu'à mi-cuisse malgré leur poids.

Plus de 400 personnes ont été secourues et 4200 maisons ont été endommagées, a expliqué samedi le maire, Dana Outlaw.

«La priorité, c'est de pomper l'eau qui est dans la ville» mais «le moment de rentrer n'est pas encore venu», a-t-il affirmé sur CNN à l'adresse des 1200 habitants réfugiés dans des centres d'accueil.

Environ 750.000 foyers étaient privés de courant samedi en Caroline du Nord, selon les services de gestion des urgences.

De son côté, l'Agence fédérale des parcs nationaux s'est félicitée sur Twitter que les 16 poneys sauvages de la colonie d'Ocracoke, qui vivent sur une île au large de la côte, étaient sains et saufs.

Le président américain Donald Trump doit se rendre en début ou milieu de semaine prochaine dans les régions affectées.

Alors que la tempête soufflait encore sur la côte atlantique, le président est revenu vendredi soir sur la polémique concernant le bilan officiel de 3.000 morts causés par l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en septembre 2017, dont il conteste les chiffres.

Le bilan n'était que de 16 décès après sa visite «et comme par magie, +3000 MORTS+ (...) PAS POSSIBLE», a-t-il écrit sur Twitter.

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