/regional/montreal/laurentides

Saint-Jérôme

Il bloque la voie à deux assaillants

Vincent Larin | Agence QMI

Vincent Larin

Un couple de Saint-Jérôme a eu la peur de sa vie lorsque deux assaillants armés d’un fusil de chasse ont mis en joue le mari pour entrer chez eux mardi soir.

Éric Bédard-Filion se souviendra longtemps de la soirée du 12 septembre.

Lui et sa femme venaient de dire au revoir à sa sœur et son mari, qui étaient venus passer la soirée avec leur petite-fille de deux mois dans leur résidence de la rue Saint-Faustin. Il était alors environ 22 h.

Le couple affirme ne pas comprendre ce qui a poussé les deux assaillants à les viser.

«On n’est pas des consommateurs de drogues, on ne fait rien de mal, on a une petite vie rangée», rappelle la mère de la famille, qui soupçonne les assaillants de s’être trompés de cible.

«On avait couché les enfants, on regardait la télévision dans le salon lorsqu’on a entendu des coups à la porte de derrière», se souvient-il.

Inquiet de savoir que des gens pouvaient se trouver dans sa cour arrière à une heure aussi tardive, il raconte avoir mis instinctivement son pied pour éviter que quelqu’un ouvre la porte.

C’est en allumant à l’extérieur qu’il a finalement aperçu deux hommes au bas de sa galerie. L’un d’eux était agenouillé et tenait dans ses mains un fusil de chasse dont le canon était pointé vers Éric Bédard-Filion.

«Ouvre la porte!»

«Ouvre la porte! Dis à ta femme de lâcher le téléphone», lui aurait crié l’homme qui tenait le fusil, selon les bribes de souvenir qu’il garde de l’événement.

«La seule chose à laquelle je pensais c’était ma famille. Pas question que je leur ouvre et puis qu’ils entrent», se remémore Éric Bédard-Filion, attablé à quelques pas de l’endroit où tout l’assaut s’est déroulé.

Dans la maison, sa femme serrait dans ses bras leur bébé de 2 ans et courait vers la chambre du plus vieux, âgé de 9 ans, après avoir contacté la police.

«Mon idée c’était de nous rendre dans la salle de bains. On a une serrure, c’est là que je me serais cachée», explique celle qui craint toujours pour sa sécurité et qui a demandé que l’on taise son nom.

Par chance, quelques minutes après avoir menacé M. Bédard-Filion et tenté d’entrer par la force, les deux assaillants ont pris la fuite en voyant qu’ils ne pourraient pas entrer dans la maison.

Grâce aux appels de plusieurs voisins, les policiers de Saint-Jérôme leur auraient mis la main au collet peu de temps après, aux dires de M. Bédard.

Toujours inquiets

Encore aujourd’hui, le couple dit craindre pour sa sécurité. Depuis l’attaque, ils ont pris la peine de faire poser des loquets supplémentaires à leur porte.

«Ils nous ont volé notre intimité. On est des personnes qui ont une petite vie rangée, ils sont venus complètement chambouler tout ça», explique la femme de M. Bédard-Filion en essuyant ses larmes.

«J’en reviens pas qu’ils aient pu s’en prendre à une famille avec de jeunes enfants. On avait un bébé de deux mois avec nous», s’indigne le beau-frère de M. Bédard-Filion, Christian Lavallée, qui avait quitté la maison quelques minutes avant l’arrivée des assaillants.

Une vingtaine d’accusations contre eux

Les deux présumés assaillants de la résidence de M. Bédard ont comparu vendredi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Hugo St-Jean, 25 ans, et Cédric Dupuis, 26 ans, font face à une vingtaine de chefs d’accusation, dont ceux de possession d’une arme dans un dessein dangereux et tentative d’entrée par effraction.

Juste pour ce dernier chef, les deux jeunes hommes encourent l’emprisonnement à perpétuité.

Il semblerait qu’au moment de commettre leur crime, les deux présumés agresseurs auraient été à bord d’une voiture Subaru Legacy volée, comme le révèle l’acte de dénonciation rempli par la police.

Récidiviste

Si Dupuis en est à ses premiers démêlés avec la justice, St-Jean traîne un lourd dossier criminel.

Sa plus récente condamnation remonte à décembre 2015. Il avait alors écopé de deux ans de prison pour une entrée par effraction survenue sur le territoire de la municipalité régionale de comté d’Antoine-Labelle.

Les deux jeunes hommes sont restés de marbre devant la juge qui leur a indiqué vendredi que la Couronne s’opposait à leur remise en liberté.

Ils seront de retour devant la cour mercredi prochain pour la suite des procédures.

La police de Saint-Jérôme n’a pas retourné notre demande d’entrevue vendredi.