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Lévis

Une balade sur le fleuve tourne au cauchemar

Dominique Lelièvre et Catherine Bouchard | Agence QMI

TVA Nouvelles

Le conducteur d’un navire de plaisance qui a percuté de plein fouet une autre embarcation sur le fleuve Saint-Laurent, près de Lévis, jeudi soir, allait «trop vite pour la clarté qu’il y avait», selon un témoin de la scène.

Alexandre Boucher était lui-même aux commandes d’un bateau, à proximité du quai Paquet, vers 21 h, quand il a évité à la dernière seconde une embarcation qui venait en sens inverse.

«Il s’approchait rapidement. [...] Il a fallu que je donne un coup de volant pour l’esquiver parce que je voyais bien qu’il ne me voyait pas, mais toutes nos lumières marchaient, il n’y avait pas de raison de ne pas nous voir», raconte-t-il.

C’est le bateau d’un couple d’amis, qui suivait derrière, qui a écopé.

«Ils n’ont pas eu le temps de réagir», indique M. Boucher. Leur bateau a été complètement déchiqueté jusqu’au pare-brise.

«C’était une soirée parfaite pour naviguer. [...] On voulait juste se promener un peu, une demi-heure, une heure pour profiter de la température», souligne Maryse Dionne, qui était à bord.

Impact violent

Les quatre occupants de la première embarcation, dont un jeune enfant, ont été éjectés. L’impact a été si violent que leur bateau a sombré dans le fleuve en seulement quelques minutes.

Certains individus avaient d’importantes blessures, poursuit Alexandre Boucher. Il s’est instinctivement porté au secours d’une dame qu’il ne connaissait pas et qui était «en train de se noyer». «Des bouts de son visage pendaient», dit-il.

Maryse Dionne a pour sa part subi des fractures mineures et plusieurs contusions. Son conjoint a subi une opération à la jambe.

«[Alexandre a été un ange]. Sans lui, on ne serait peut-être pas en train de se parler», souligne-t-elle, encore secouée par les événements.

La sécurité avant tout

Au lendemain de la collision, la possibilité que le conducteur fautif ait eu les facultés affaiblies a été soulevée par certains rescapés.

La Sûreté du Québec, qui a pris en charge l’enquête dans ce dossier, n’a pas voulu dire, vendredi, si cette hypothèse était étudiée. On ne craint pour la vie d’aucune personne, a toutefois précisé la porte-parole Béatrice d’Orsainville.

M. Boucher souhaite de son côté sensibiliser les plaisanciers à l’importance d’adopter des comportements sécuritaires, notamment de nuit.

«Il fait noir, on ne roule pas vite [...] pour avoir le temps d’analyser ce qui arrive en avant de toi. C’est ce qui m’a permis de voir le bateau arriver», conclut-il.