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Des heures dans l’eau glacée: elle raconte son histoire de survie et de courage

TVA Nouvelles

Journal de Québec

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Sonia Poirier, 45 ans, n’oubliera jamais l’image de son mari, Bruno Simard, 41 ans, et du frère de celui-ci, Lucas Simard, 38 ans, lorsqu’ils ont sombré dans le lac Cacaoui, à 100 kilomètres au nord de Port-Cartier sur la Côte-Nord.

La dame a raconté le terrible drame qu’elle a vécu à l’émission Le Québec matin, avec Jean-François Guérin, mardi.

La femme se trouvait dans une chaloupe le 8 septembre dernier avec sa fille Félicia Simard, 13 ans, l’amie de celle-ci, Claudia Bergeron, 12 ans, son conjoint et son beau-frère.

Avec le froid, les adultes avaient plusieurs épaisseurs de vêtements et n’étaient pas capables d’attacher leur veste de flottaison.

«C’était la dernière fin de semaine de pêche, on voulait aller au lac Cacaoui. Il ventait beaucoup, mais on ne s’en est pas rendu compte. On est venus pour retourner au rivage, au débarcadère. Bruno a voulu tourner quand une grosse vague est arrivée, le bateau a monté droit debout. Il a fallu sauter à l’eau sinon on restait pris sous le bateau», a raconté la femme avec une lucidité déconcertante.

Les trois adultes ont perdu leur gilet de sauvetage, mais l’un d’eux, Lucas a réussi à en attraper une. Sonia s’est agrippée avec lui, dans l’eau terriblement glacée.

Elle a vu son mari sombrer dans le lac, tiré vers le fond par ses bottes de pêcheur qui se remplissaient d’eau.

Enfants paniqués

Sa fille Félicia et son amie Claudia ont paniqué.

«Ma fille me disait: je suis en train de perdre ma famille, je suis en train de tout perdre. ''Sonia, j’ai froid, j’ai froid, aide-moi!'', lui criait l’autre jeune fille. «Là tu prends les enfants et tu leur dit: ''les filles faut sortir vite''».

La femme n’oubliera jamais le visage de son mari, alors qu’il était en train de sombrer.

«Je vais toujours me souvenir de la dernière image de mon mari qui me regardait en voulant dire: Sonia occupe toi des filles».

C’est ce que la femme a fait. Les filles sont parties à la dérive vers une île. Elle s’est donc concentrée à s’occuper de son beau-frère, Lucas, en nageant vers l’île.

Celui-ci n’a toutefois pas été capable de supporter la température glaciale de l’eau.

«Il est parti dans mes bras. On a été longtemps à parler.»

Toutefois, il a commencé à avoir un discours décousu qui ne faisait plus de sens.

«Je me suis dit: ''oh non Lucas'. Je lu ai donné une claque dans face en lui disant ''Lucas réveille toi, abandonne-moi pas là!''. Mais il est parti dans mes bras. J’ai trainé son corps vraiment longtemps, mais j’étais plus capable, j’ai dû l’abandonner. Ça été une épreuve extrêmement dure, mais fallait que je m’occupe les filles. J’ai voulu abandonner à plusieurs reprises, mais je pensais aux filles. Je devais me rendre à elles. J’ai réussi à les retrouver.»

Les trois survivantes ont passé une nuit glaciale à l’extérieure avant d’être retrouvées.

Deuil difficile

Quelque dix jours après le drame, le deuil n’est pas facile à faire.

«Je vis entre deux sentiments, OK, ma fille est encore vivante, Claudia est encore là, mais mon mari n’est plus là, mon beau-frère n’est plus là... Moi et mon mari on formait une équipe, on était «un», pas «un plus un». Félicia a aussi beaucoup de difficulté à passer au travers, mais elle ne m’en parle pas du tout du tout. J’ai l’impression qu’elle veut m’aider à traverser cette épreuve, mais elle a beaucoup d’aide, elle est entre bonnes mains.»

La famille souhaite maintenant retrouver le corps des deux hommes qui ont sombré afin de leur offrir des funérailles et faire leur deuil.

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