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Les immigrants mieux intégrés sur le marché du travail

Agence QMI

L’intégration des immigrants au Québec semble s’améliorer depuis 2015, si on se fie au taux de chômage, même s’ils arrivent dans la province en sachant moins parler le français.

C’est ce qui ressort d’un rapport publié mardi par l’Institut du Québec (IdQ) sur l’immigration et le marché du travail basé sur les données du ministère québécois de l’Immigration et de Statistique Canada.

Ainsi, alors que le nombre d’immigrants a continué de croître au cours des dernières années, le taux de chômage de cette catégorie de la population a reculé au Québec.

Chez les immigrants âgés de 25 à 54 ans, il atteignait 8,7 % en 2017 alors qu’il oscillait entre 10 % et 13 % entre 2007 et 2015. L’IdQ observe même une accélération de cette tendance pour les huit premiers mois de cette année puisque le taux est de 6 %. En comparaison, le taux de chômage au Québec s'est établi à 5,6 % en juillet dernier.

Autres données, le taux d’emploi est passé de 72,1 % à 77,8 % entre 2007 et 2017, toujours chez les immigrants de cette catégorie d’âge. L’Institut note d’ailleurs que ce taux est en hausse depuis 2014 et a presque rattrapé celui de l’Ontario.

Il y a aussi eu des améliorations concernant le taux d’emploi de ceux qui sont dans la province depuis moins de cinq ans (immigrants récents). Alors que leur taux d’emploi était de 57,8 % en 2007, il atteignait 65,8 % en 2017.

Selon l’IdQ, les progrès observés s’expliquent notamment par le «resserrement généralisé du marché du travail dû au vieillissement de la population».

Par ailleurs, l’organisme note une tendance haussière du taux de rétention, soit le nombre d’immigrants encore au Québec plusieurs années après leur arrivée. Actuellement, cinq immigrants sur six restent dans la province après cinq ans, ce qui représente un taux de 84,3 % comparativement à 75 % avant cette période. Au pays, le Québec arrive au quatrième rang à ce chapitre derrière l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta.

«Notre exercice révèle que l’écart de rétention entre le Québec et l’Ontario s’est amoindri de plus de moitié au cours de la période analysée, passant de 16 % il y a 15 ans à 6 % depuis 2007», précise-t-on.

On observe des améliorations similaires dans les taux de rétention sur 10 ans. «À 81,8 % au Québec, ce taux est toutefois quelque peu inférieur au taux de rétention après cinq ans», mentionne l’IdQ.

Langue et région

En analysant les données, l’Institut note une baisse du nombre d’immigrants qui connaissent le français à leur arrivée au Québec. Alors que 24,3 % ne connaissaient ni le français ni l’anglais, 42 % avaient une connaissance du français, l’an dernier. Ce pourcentage était de 56 % en 2015 à 48 % en 2016. Selon les projections de 2018, il y aurait une faible amélioration (44 %).

«Cette information ne fait toutefois pas état de leur maîtrise du français après leur arrivée», précise l’Institut.

L’autre défi qui reste à surmonter est celui de la répartition des immigrants sur le marché du travail. L’an dernier, 52 388 nouveaux arrivants ont été accueillis au Québec. De ce nombre, 76 % se sont établis à Montréal et 85 % dans la grande région de Montréal, souligne l’Institut.

Quelques statistiques de 2017:

52 388 immigrants

58 % sont des immigrants économiques, les autres étant notamment des personnes accueillies dans le cadre du regroupement familial et des réfugiés

Région de naissance: Afrique du Nord (12,6 %); Moyen-Orient (10,9 %); Asie orientale (10,9 %); Europe occidentale et septentrionale (10,0 %)

76 % se sont établis à Montréal et 85 % dans la grande région de Montréal

42 % connaissaient le français

72 % sélectionnés par le Québec