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Manon Massé face aux gens d'affaires de Montréal

Invitée pour la première fois à s’adresser à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Manon Massé a critiqué les salaires des hauts dirigeants d’entreprise devant une salle remplie de gens d’affaires.

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«Indécence», «décadence», «enracinement des inégalités». Manon Massé n’a pas enrobé son discours mercredi lors d’une causerie avec Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Il s’agissait d’un «moment historique» pour Mme Massé, car pour la première fois, les membres de la Chambre ont demandé à entendre la cheffe de QS.

Depuis des années, le député Amir Khadir reprochait à la Chambre d’ignorer QS tout en invitant les autres partis, a avoué M. Leblanc en rigolant.

«Clause Bombardier»

Manon Massé en a profité pour annoncer le plan de son parti pour les grandes entreprises qui solliciteraient du financement de l’État, baptisée «clause Bombardier». Un gouvernement solidaire continuerait de subventionner une compagnie à condition d’examiner la plus haute rémunération de ses cadres et le salaire le plus bas de ses employés.

Le ratio maximum serait de 1 pour 30 au privé et de 1 pour 10 au public, a-t-elle expliqué.

Les entreprises qui ne demandent pas d’argent de l’État ne seraient toutefois pas touchées et pourraient continuer comme avant, «no problemo», a-t-elle assuré.

Reste que les taux d’imposition des plus riches seraient revus et le salaire minimum augmenté à 15$ de l’heure.

Mme Massé a notamment donné l’exemple de Caroline, une jeune mère qui travaille à temps plein et qui doit quand même recourir aux banques alimentaires. Selon elle, il est faux de croire que l’argent investi dans les grandes entreprises comme Bombardier se répercute positivement sur ces travailleurs à bas salaire.

«Avant que Caroline ne voit la couleur de cet argent, les poules auront des dents et la CAQ aura un plan pour les changements climatiques», a-t-elle ironisé.

«Plus de planète, plus d’entreprises»

«La dette écologique est la seule qui devrait tous nous préoccuper», a déclaré Mme Massé, rappelant que s’il n’y a «plus de planète, il n’y a plus de travail, plus d’entreprises».

Questionnée sur les projets de «nationalisation» de QS, Mme Massé a assuré que seuls les transports interurbains seraient entièrement nationalisés. Cela permettrait d’éviter que des résidents écopent lorsqu’une compagnie de transport baisse ses services en fonction de ses profits, a-t-elle expliqué.

Une proposition que Patrick Bousez, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, a trouvé particulièrement intéressante.

«Je pense que Mme Massé s’en est bien tiré. Elle a livré un discours inspiré et inspirant», a commenté à la sortie de la salle celui qui va assister aux allocutions des chefs de tous les partis devant la Chambre de commerce.