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Bras de fer Legault-Couillard sur l'immigration

Geneviève Lajoie | Agence QMI

Le dernier débat des chefs à TVA a donné lieu à une collision entre les meneurs Philippe Couillard et François Legault sur leur vision du Québec, tant sur la question identitaire qu’en économie. Pas en reste, Manon Massé a su tirer son épingle du jeu.

Pour voir ou revoir les meilleurs moments de la soirée, consultez notre dossier «Face-à-Face Québec 2018»

Le premier ministre sortant et le chef caquiste ont repris leur bras de fer sur l’immigration là où ils l’avaient laissé il y a une semaine, à l’occasion de la première joute oratoire entre les chefs politiques. Et comme la première fois, le ton a monté entre les deux hommes.

François Legault a d’emblée reconnu avoir cafouillé lorsqu’il a été incapable d’expliquer le processus d’immigration du Québec. «M. Couillard, je ne suis pas parfait. Ça m’arrive de faire des erreurs, a-t-il admis. Si je suis premier ministre, je vais tout faire pour mieux intégrer. En prendre moins, mais en prendre soin!»

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Philippe Couillard estime que les Québécois ne sont pas d’accord pour expulser des gens, comme le propose la CAQ avec ses tests imposés aux nouveaux arrivants après trois années en sol québécois.

«Il n’est pas question d’expulser [des immigrants], les seuls qu’on veut expulser, c’est le Parti libéral», a réagi du tac au tac le chef caquiste.

Valeurs québécoises

L’affrontement s’est poursuivi sur le même ton au sujet des signes religieux. Le chef libéral s’est porté à la défense de sa loi 62 sur la neutralité de l’État, qui prévoit le visage découvert dans les services de l’État. Il a accusé son rival de se gouverner uniquement en fonction des sondages. Selon Philippe Couillard, un chef de gouvernement a le devoir de protéger le droit des minorités.

Une vision que ne partage pas François Legault, qui veut bannir les signes religieux chez les juges, gardiens de prison et les enseignants. Il estime avoir la population derrière lui pour y parvenir et a reproché jeudi soir à son adversaire libéral d’avoir abandonné la défense des valeurs québécoises.

La bataille s’est poursuivie sur le thème de l’économie. Le premier ministre sortant a dû défendre l’appui de son gouvernement au projet du parc éolien Apuiat et les années d’austérité qu’il a imposées aux contribuables.

«M. Couillard a ramassé un trésor de guerre en augmentant les taxes et les tarifs les premières années, puis il a redonné un peu ce même argent les dernières années. Les gens savent très bien qu’au bout de la ligne, ils n’ont pas plus d’argent dans leurs poches», a pesté François Legault.

Lisée trébuche

Jean-François Lisée a trébuché d’entrée de jeu en tentant de s’en prendre à Manon Massé, une tactique qui s’est retournée contre lui. Le chef péquiste s’est fait rabrouer non pas une, mais deux fois par l’animateur Pierre Bruneau pour avoir dérogé aux règles du débat en éludant le sujet de la santé.

Le chef péquiste a néanmoins réussi à mettre le PM sur la défensive en lui reprochant d’avoir «fait mal aux enfants» alors que «les surplus s’accumulaient dans les coffres» après des années d’austérité.

Calme et posée, la co-chef de Québec solidaire a su défendre les positions de sa formation politique. Manon Massé s’est même permis de se porter au secours du chef caquiste, pour mieux l’exposer. «Je pense que je vous crois quand vous dites que vous n’avez rien contre les immigrants. Mais il y a quelque chose qui a changé (...) Peut-être que ça vous faisait gagner des votes [votre position sur l'immigration]?».